Raphaël Glucksmann «culpabilise» de voir Léa Salamé se retirer provisoirement de l'antenne

VIDÉO – Vendredi, la journaliste a annoncé qu’elle s’absentait de France Inter et France 2 pour éviter tout soupçon de conflits d’intérêts avec son compagnon, tête de liste du Parti socialiste aux élections européennes.

Raphaël Glucksmann culpabilise-t-il de voir sa compagne Léa Salamé se mettre en retrait de France Inter et France 2 pour qu’il mène campagne aux élections européennes? Cette question a été posée au principal intéressé samedi soir alors qu’il était invité dans C l’hebdo sur France 5. Après une réflexion de quelques secondes, le fondateur du mouvement Place publique, tête de liste du Parti socialiste, a répondu: «oui, beaucoup. Ça me bouleverse pour vous dire la vérité».

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«Je n’ai pas l’habitude de parler de ma vie privée mais ça me bouleverse», a-t-il répété avant de rappeler qu’il s’agissait de la décision de la journaliste. «Je la connais, je sais qu’en plus, on n’a pas tout le temps les mêmes idées et qu’elle a toujours placé sa déontologie au-dessus de tout. Jamais, elle n’a été influencée par mes opinions dans la manière qu’elle a d’interroger les gens. Les auditeurs de France Inter ou les téléspectateurs ne savent toujours pas d’ailleurs qu’elle est son parti pris politique dans la vie. Les Macronistes pensent qu’elle est anti-Macron, les anti-Macronistes pensent qu’elle est pro-Macron», a-t-il ajouté avant de regretter qu’en 2019, en France, on ne puisse pas considérer qu’une femme soit indépendante de son compagnon. «Elle pense qu’être au-dessus de tout soupçon, c’est le plus important mais, moi, personnellement, ça me pose un problème».

Raphaël Glucksmann “bouleversé” par la décision de Léa Salamé de se mettre en retrait – Regarder sur Figaro Live

«Moi-même, j’ai du mal à savoir quelles sont ses opinions politiques»

L’essayiste et philosophe voit dans cette décision «un acte d’amour incroyable parce qu’elle a toujours placé le travail au-dessus de tout». «Je sais comment elle aurait mené ses entretiens si elle ne s’était pas retirée, je sais qu’elle aurait été parfaitement objective. Moi-même, encore aujourd’hui, j’ai du mal à savoir quelles sont ses opinions politiques», a-t-il conclu en espérant que c’était la dernière fois qu’il évoquerait le sujet au cours de sa campagne.

Ce discours rejoint les réflexions d’Audrey Pulvar. Vendredi, sur Twitter, la journaliste, dans la même situation que Léa Salamé en 2012 au moment de l’entrée d’Arnaud Montebourg au gouvernement, avait jugé la mise à l’écart de sa consoeur «injuste et injustifiée».

Vendredi, dans un communiqué transmis à l’AFP, Léa Salamé a annoncé qu’elle s’absentait pendant deux mois de l’antenne de France Inter où elle co-anime la matinale, et de France 2, chaîne sur laquelle elle présente L’émission politique, «pour éviter tout soupçon de conflit d’intérêts». Elle fera son retour à la radio le lundi 27 mai au lendemain du scrutin des élections européennes.