Martinez, la troisième merveille de Colombie

Daniel Martinez devant Miguel Angel Lopez : les Colombiens au top sur Paris-Nice.Getty Images


Passé par le Centre mondial du cyclisme en 2014, le Colombien n’appartient au World Tour que depuis l’an dernier après avoir passé trois années en Continental pro, du côté de la Colombia puis de la Willier Triestina-Selle Italia. Mais il a découvert le plus haut niveau dès mars 2015. A 18 ans, Martinez prend le départ du Tour de Catalogne, sans pouvoir terminer l’épreuve. Qu’importe, le voilà lancé à l’épreuve des plus belles épreuves du calendrier, à l’image du Tour de Lombardie auquel il a déjà participé quatre fois (49e en 2018), le Giro (trois participations) ou bien le Tour qu’il a découvert l’an passé. A seulement 22 ans.

Déjà trois top 10 en World Tour à 22 ans


Mais le Colombien n’avait surtout pas tardé à montrer ses dispositions sur les épreuves par étapes, en prenant la 8e place du Tour de l’Utah 2015, à 19 ans. Mais c’est en 2017, sous les couleurs de la Willier Triestina-Selle Italia, que Martinez explose véritablement, en fin de saison. En deux semaines, le grimpeur d’1,74m prend les 7e et 9e places sur Milan-Turin et les Tre Valli Varesine avant de s’offrir son premier top 10 en World Tour sur le Tour de Turquie (4e) devant des coureurs expérimentés comme Jarlinson Pantano ou Przemyslaw Niemec. Plus que suffisant pour attirer l’attention d’EF Education-First et son leader colombien Rigoberto Uran.

Daniel Martinez (Willier Triestina-Selle Italia) sur le Tour d’Italie 2016Getty Images


Moins attendu que son compatriote mais bénéficiant de libertés pour s’exprimer sur certaines épreuves, Daniel Martinez multiplie les résultats intéressants. Après avoir lancé sa saison au Colombia Oro y Paz (5e), le Colombien enchaine les places d’honneurs en World Tour. 7e en Catalogne et 12e en Romandie, il monte même sur son premier podium au plus haut niveau en prenant la 3e place du Tour de Californie, devant Adam Yates et Rafal Majka. Déjà son troisième top 10 en World Tour, une énorme performance à seulement 22 ans. Mais complètement éclipsée par la victoire d’Egan Bernal.

Complet (presque) comme Bernal


Il faut dire que le talent et surtout la précocité du grimpeur de la Sky et celle d’Ivan Sosa, alors chez Androni-Giocatolli, ont amené des succès là Martinez s’est “contenté” de places d’honneur. Mais 2019 a démarré sous de meilleurs auspices pour le grimpeur d’EF Education First. Champion de Colombie du chrono devant Lopez et Bernal pour sa reprise, il a levé les bras pour la première fois de sa carrière sur Paris-Nice. “C’est une victoire très importante, c’est un honneur de s’imposer ici”, expliquait-il après l’arrivée. Et met ainsi un terme à ses places d’honneur. Venu sur la course au Soleil pour seconder Uran, il a profité de l’abandon de son leader pour bénéficier de plus de libertés et de son profil complet pour se replacer au classement (20e à 9’35” de Bernal), malgré le calvaire vécu dans les bordures. Un profil d’ailleurs pas si loin du maillot jaune.


Excellent rouleur (5e du chrono de Barbentane jeudi), très bon grimpeur comme en témoigne son succès samedi devant Lopez ou Yates, Daniel Martinez a tout pour briller sur les plus grandes courses par étapes du calendrier, à l’instar de son compatriote. Pourtant, le natif de Soacha n’estime pas que leurs profils sont si proches que cela : “Avec Egan Bernal, nous sommes deux coureurs très différents, explique Martinez. D’abord parce qu’il est plus jeune que moi… et qu’il est plus beau ! A l’avenir, nous allons sûrement nous battre pour le classement général dans certaines courses mais je crois que sa supériorité en contre-la-montre fait la différence, ajoute t-il, malgré leur chrono identique à Barbentane (15” de retard sur Yates). Maintenant, je ne peux que progresser.” Vu ce qu’il réussit déjà, ça promet.