Marseille – Règlement de comptes à la Busserine : deux suspects écroués

Un “flag”, comme on dit dans les couloirs de l’Evêché, juste après un règlement de comptes, c’est rarissime. C’est pourtant bien ce qui s’est déroulé mardi soir. Un peu moins de trois heures après l’assassinat, sur le boulevard Mattéï (14e), près de la Busserine, de Kamel Rahrah, 42 ans et considéré comme un “caïd” de la cité, deux hommes de 27 et 33 ans étaient arrêtés à la Joliette à Marseille.

La Provence vient d’en apprendre davantage sur les dessous de cette interpellation : selon nos informations, la police judiciaire a été destinataire dans la journée de mardi d’un renseignement faisant état d’une voiture volée qui pourrait servir à une action criminelle dans le cadre du conflit brûlant entre plusieurs clans pour le contrôle du trafic de stups à la Busserine. Alors immédiatement, les enquêteurs de la BRI (brigade de recherches et d’intervention) se plaçaient en surveillance de ce véhicule. Il servira en fait dans la soirée de “véhicule relais”, alors que les présumés auteurs de la tuerie, dans laquelle un des frères Rahrah a été grièvement blessé (il est toujours entre la vie et la mort), venaient de carboniser leur Peugeot 508 à Aix.

S’en suivait une filature de deux heures jusqu’à la délicate interpellation à la Joliette. Selon nos sources, au cours des perquisitions au domicile de ces deux hommes, trois fusils d’assaut ont été découverts ainsi que du matériel technique régulièrement utilisé dans le cadre de règlements de comptes, notamment des balises GPS qui permettent de suivre et localiser des cibles.

Au terme de leurs gardes à vue, les deux suspects, ainsi qu’une femme proche de l’un d’eux interpellée peu après, ont été déférés au Parquet de Marseille, lequel a ouvert une information judiciaire. Les deux hommes, originaires de la Busserine et bien connus des services de police, ont été mis en examen pour “meurtre en bande organisée” et “association de malfaiteurs en vue de commettre un crime” et écroués.

Sollicité par La Provence, Eric Arella, le patron de la police judiciaire, se félicite “d’un flagrant délit qui constitue l’idéal de ce que l’on tente de faire en matière de règlements de comptes. Dans un passé récent, ce genre d’informations précieuses nous ont permis de déjouer des assassinats, précisément 21 depuis 2016, mais cette fois malheureusement les auteurs sont passés à l’action beaucoup trop vite”. Toujours selon nos informations,  au moins deux autres suspects sont toujours activement recherchés par la brigade criminelle dans le cadre du 4e assassinat de l’année sur fond de stups.