Le déficit de la Sécu divisé par 4 en 2018

C’est le meilleur résultat depuis 18 ans. Il est toutefois moins bon que prévu. Le déficit de la Sécurité sociale a été divisé par quatre l’an dernier, pour atteindre 1,2 milliard d’euros contre 5,1 milliards en 2017. Annonce faite ce vendredi par les ministres de la Santé Agnès Buzyn et des Comptes publics Gérald Darmanin.

Un bon résultat, mais qui reste en dessous de l’objectif du gouvernement qui tablait sur 1 milliard. Les deux ministres estiment que le « ralentissement » de la croissance au second semestre a pesé sur les recettes de la Sécu.
    
Les grands équilibres du budget adopté en décembre au Parlement sont néanmoins validés: le régime général, qui regroupe les branches retraite, maladie, famille et accidents/maladies du travail , retrouve l’équilibre après 16 ans de déficit. « Les comptes sociaux sont tenus », se sont félicités Agnès Buzyn et Gérald Darmanin, vantant le « sérieux budgétaire et financier du gouvernement depuis le début du quinquennat ».
    
Dans le détail, la branche famille est sortie du rouge pour la première fois depuis 2003 et affiche un solde positif de 0,5 milliard. Déjà excédentaires les années précédentes, les branches retraite et accidents/maladies du travail sont restées dans le vert, avec respectivement + 0.2 milliard et + 0.7 milliard.

Net redressement pour l’assurance maladie

Seule l’Assurance maladie reste déficitaire, malgré un redressement important de – 4,9 à – 0,7 milliard et une « maîtrise des dépenses ». Les deux ministres estiment que l’objectif de progression a été respecté pour la 9e année consécutive. Le tout « sans creuser les déficits des hôpitaux », qui ont récupéré l’intégralité des crédits gelés début 2018 et obtenu en prime une rallonge de 300 millions d’euros débloquée mercredi par la ministre de la Santé.
    
Même le Fonds de solidarité vieillesse, traditionnellement à découvert, a nettement réduit sa perte de – 2,9 à – 1,8 milliard, « enregistrant ainsi son plus faible déficit depuis 10 ans ».
    
Aucune indication en revanche sur le budget 2019. Une année qui devait être marquée par un historique retour à l’équilibre de la Sécu, mais la crise des « gilets jaunes » risque bien de changer la donne. « Ce scénario est en effet compromis », avait reconnu la ministre de la Santé en janvier dernier, après le vote des mesures d’urgence promises par Emmanuel Macron.

En cause notamment, la baisse du taux de CSG pour une partie des retraités et l’avancement au 1er janvier, au lieu du 1er avril, de l’exonération des cotisations sociales sur les heures supplémentaires. Deux mesures qui vont priver la Sécu de 2,6 milliards d’euros de recettes.