La ligue des champions de l'éolien offshore a commencé

Les consortiums en lice pour équiper le champ de Dunkerque ont déposé leurs offres vendredi. La compétition s’annonce très serrée. Tous les grands énergéticiens européens sont là.

«C’est la Ligue des champions de l’éolien offshore.» Voilà comment un acteur du secteur commente la compétition qui va s’intensifier pour équiper le champ de Dunkerque (Nord) de plusieurs centaines de mégawatts. Vendredi, les consortiums en lice ont remis leur dossier à la Commission de régulation de l’énergie, chargée d’instruire les offres. Le gendarme du secteur doit le faire dans un délai de 8 semaines: une fois qu’il aura sélectionné le vainqueur, à charge pour le ministère de la Transition écologique d’officialiser le verdict. Etant entendu que le ministère n’est pas contraint dans le temps pour communiquer les résultats.

Selon des informations récurrentes, ce sont huit consortiums qui ont déposé leur dossier. Tous les grands énergéticiens européens sont présents, pilotant de solides regroupements: EDF est associé au canadien Enbridge, Engie avec le portugais EDP, tandis que le suédois Vattenfall travaille avec l’allemand WPD. Pour ne citer que quelques-unes des équipes en compétition.

Par rapport à la première vague d’appels d’offres dans l’éolien offshore en 2012, la donne a beaucoup changé. Sur le plan technologique en particulier, les machines ont beaucoup progressé. En 2012, la puissance unitaire des machines ne dépassait pas 6 mégawatts (MW). Cette fois, on est sur des équipements de 10 MW ou plus. Ces dernières années, la compétitivité de l’éolien en mer a beaucoup progressé: en 2012, le prix de rachat de l’électricité produite au large des côtes dépassait les 200 euros le mégawattheure (MWh). On ne connaît pas encore le contenu des offres déposées vendredi mais elles doivent osciller entre 50 et 70 euros le MWh. Autre changement significatif: le peloton des compétiteurs, beaucoup plus étoffé que lors des compétitions inaugurales.

Cette bataille de Dunkerque permet de mettre en lumière une filière éolien offshore qui s’estime maltraitée par la Programmation pluriannuelle de l’énergie, la feuille de route des pouvoirs publics sur la période 2018-2028. Les professionnels réclament des appels d’offres réguliers pour une moyenne annuelle de 1 000 MW environ. Or la trajectoire actuelle ne dépasse pas 500 MW.