Guingamp – Dijon. Le grand bonheur

Les Guingampais ont goûté au grand bonheur. Enfin ! Ils ont battu Dijon, ils ne sont plus derniers. Mieux, les voici 18es et barragistes à neuf journées de la fin. Un soulagement immense, conséquence d’un penalty heureux, offert par les Dijonnais dans les derniers instants.

Le football est beau. Et cruel à la fois. Entre les sourires et les grimaces, il y a parfois peu. En ce samedi pluvieux, il n’y avait presque rien. Sans la bévue d’Allain, Guingamp en serait d’ailleurs au même point. Bon dernier. Comme depuis la troisième journée.

Sauf que le portier dijonnais est sorti à contretemps sur Thuram, qui s’échinait seulement à négocier dos au but le ballon lobé de Ndong, entré au relais de Deaux, blessé. Le penalty y était (86’). Et Blas l’a transformé, tandis que les Caennais se faisaient étriller par Saint-Étienne à la maison (0-5). De quoi générer chez Antoine Kombouaré « de la frustration, de la déception mais surtout de l’incompréhension ».

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De retour « avec grand plaisir au Roudourou », le Kanak n’a pu que pointer « ce moment de déconcentration ». Alors même qu’il avait vu « le public se retourner contre son équipe, siffler ses joueurs ».


L’espoir est revenu


L’ambiance fut en effet curieuse. Les encouragements teintés de sifflets. Mais à la demande du Kop Rouge, tous les joueurs sont finalement revenus sur le pré après l’avoir quitté. Ils ont partagé l’habituel clapping. Ils ont surtout partagé cet improbable bonheur. « La saison est longue, il y avait du stress chez les gens, mais on a fait énormément d’efforts, on a beaucoup couru, on a été intense, les joueurs ont mouillé le maillot selon l’expression consacrée », apprécie un Jocelyn Gourvennec évidemment soulagé de cette « bouffée d’oxygène ».

Son équipe est barragiste, deux points devant Caen, alors qu’elle était dernière depuis la 3e journée. Le classement de la Ligue 1 a été chamboulé tout en bas. « Ça ne peut être que symbolique, parce qu’il reste neuf matchs, mais cela doit nous donner beaucoup d’espoir », confie le coach d’EAG. Un espoir à la mesure de la difficulté endurée. Car rien ne fut aisé face à ces Dijonnais relégués au 19e rang.


La foi a grandi


À la mi-temps, ce sont les Bourguignons qui menaient même aux points. Et tout à la fin, ce fameux bonheur faillit encore s’échapper quand Caillard relâcha curieusement un centre de Chafik (93’), puis surtout lorsque Tavares, juste avant, manqua l’immanquable seul face au but (88’). « C’est à l’image des problèmes de finition que l’on connaît depuis un moment », souffle Kombouaré.

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Le coup du sort, évidemment, va bien aux Guingampais. Portés par un Phiri endiablé, ils n’ont pas tout réussi, loin de là. Ils n’ont cadré que trois fois, dont une fois par Merghem (12’), l’invité surprise de cette soirée. Ils n’ont centré qu’à onze reprises. Ils ont parfois été fébriles. « Mais je retiens cette volonté d’insister », poursuit l’entraîneur guingampais.

Cette foi qui a soudainement grandi au meilleur des moments, alors qu’une finale de Coupe de la Ligue les attend. « On va pouvoir se mettre la tête dedans », souffle Jocelyn Gourvennec. Pour un bonheur, peut-être, encore plus grand.