Jerôme Dauba (FCG Bordeaux) : « On craignait ce match pour cette raison. »

Forcément satisfait de la prestation de son équipe et de la victoire 2-0 contre Metz, le caoch bordelais Jerôme Dauba a répondu aux questions des journalistes présents au match. Interview.

C’est presque un match de reprise pour vous, après quatre semaines sans jouer en championnat ni en Coupe ?

Oui de la crainte, parce que ça fait un mois qu’on a pas joué de compétitions officielles, donc même si on a fait des oppositions contre des équipes de garçons, des matches amicaux, rien ne remplace la compétition et le rythme de la compétition. On craignait ce match pour cette raison et puis surtout on craignait cette équipe de Metz, qui restait sur une très bonne dynamique, avec une victoire aboutie à Soyaux. Elles ont les armes pour embêter beaucoup d’équipes. Finalement on a su bien gérer le match, avec sérieux, on a fait un match plutôt abouti, puis on a fait preuve comme d’habitude de beaucoup de volonté, beaucoup d’engagement et puis une fois de plus, on a bien défendu, même si on a failli se prendre un penalty. Ça reste quand même malgré tout une bonne prestation et c’est très encourageant pour la suite.

Sur le premier but de Pekel dès son premier match “officiel” avec Bordeaux

Oui, c’est ce qu’on attendait d’elle. Mais c’est vrai qu’en un match amical [contre Toulouse 4-0] et un match de championnat, elle marque quand même 3 buts. Là où on manquait d’efficacité depuis le début de la saison, ça soulage aussi Viviane Asseyi, qui avait beaucoup de pression par rapport à ça, donc c’est bien. C’est une joueuse qui fait beaucoup d’efforts, de courses vers l’avant donc ça amène une panoplie de plus à notre jeu.

Sur la place de 3e de Bordeaux. Est-ce qu’on croit rêver ?

Non parce qu’on travaille pour ça. C’est vrai qu’en début de saison, si on nous avait dit qu’on serait 3e à quelques journées de la fin, je pense qu’on aurait tous un peu souri mais maintenant on travaille dur, les filles travaillent dures. On se donne beaucoup de moyens pour y arriver. Après ça montre aussi la progression de l’équipe, ça montre la progression des sections féminines, donc ça c’est quelque chose de très très important. Après on va avoir un calendrier qui va être aussi un peu compliqué, avec la réception de Lyon, on va aller défier le PSG, on va recevoir le Paris FC, donc pour l’instant ça reste quand même une très très bonne saison.

C’est bien de garder l’équipe sous pression avec cet objectif de 3e place à maintenir ?

Oui parce que c’est vrai que le calendrier est très compliqué à gérer et là c’est d’autant plus compliqué de gérer ce groupe avec les semaines internationales, donc on sera un peu en sous effectif des fois. On a hâte de jouer ces prochains matches. A Fleury ça va être un gros match, en match en retard, ça reste une très bonne équipe, puis Lyon etc On a des bons matches qui nous attendent, donc on va les aborder aussi sans aucune pression, si ce n’est celle de gratter cette place le plus longtemps possible.

A l’entraînement plus de pression ?

Oui on a vraiment passé un cap à l’entraînement sur l’intensité, sur l’exigence, sur ce qu’on attend d’elles. Je leur disais encore cette semaine : “on ne joue pas comme on s’entraîne, mais on s’entraîne comme on joue”. Justement être en recherche perpétuelle de cette intensité, qui soit proche du match, notamment dans les jeux réduits, dans les oppositions d’entraînements et je souhaite qu’on soit très très proche du rythme des matches.

Des nouvelles de Sophie [Istillart] ?

Je pense que c’est une grosse grosse entorse, il y aura plusieurs semaines d’arrêts. Donc ça c’est vraiment le gros point noir du match, parce qu’elle a encore fait un match remarquable, au milieu, elle nous stabilise ce milieu de terrain, elle nous amène un équilibre dans l’équipe. Après on a su jouer aussi sans elle, mais c’est vraiment gênant et pour elle et pour l’équipe.

Coeurs de Foot – Comment vous expliquez cette 3e place du club, plus précisément ?

Nous on a notre marque de fabrique. On a un super état d’esprit depuis trois ans, c’est ce qui a fait notre force. Ça s’est vu la première année, on a réussi à se maintenir avec cet état d’esprit. On a un groupe de compétitrices, plus on a des défis, plus on a envie de les relever. Pour l’instant ça fonctionne, mais c’est vraiment le mental qui fait notre force.

Coeurs de Foot – On a vu aussi que vous insistiez beaucoup sur la construction de jeu pour que vos filles aient cette facilité de se trouver, parce qu’on a vu des deux côtés que les joueuses avaient du mal à se démarquer et à écarter le jeu. Est-ce que c’est ça que vous leur avait donné comme consignes ?

Oui parce que je pense après que Metz nous a donné du fil à retordre et à exercer un gros gros pressing sur nos joueuses du milieu. C’est vrai qu’à chaque fois qu’on est passé par les côtés, on avait constaté cela à la mi-temps, ou qu’on avait mis des ballons dans leur dos, on a réussi à les déséquilibrer. Après le plus dur c’est d’emmener le ballon sur le côté, parce qu’au milieu, elles avaient beaucoup beaucoup de présence. Après on a du se réorganiser très vite, avec la blessure de Sophie [Istillart] donc ça n’a pas été évident, mais on a su finir fort sur le match. Donc ça c’est intéressant aussi parce que même si on a eu peu de compétition, on a quand même fini en plein bourre