Parents 1 et 2 : faites confiance à l'École de la Confiance !

Difficile d’échapper à la Saint-Valentin cette semaine. Je dirais même plus : impossible d’échapper à la Saint-Valentin, que ce soit cette semaine ou chaque 14 février depuis que vous et moi sommes nés.

Entre 7 et 12 ans, comme toutes les petites filles, j’adorais autant que je redoutais la Saint-Valentin, puisque c’était le jour où traditionnellement les filles, comme les garçons, se déclaraient ! Un jour donc soit de joie parfaite, soit d’humiliation absolue, si votre petit mot se terminant par «Veux-tu sortir avec moi ? Coche la case «oui», ou «non», ou «peut-être».» restait lettre morte.

A vingt ans, évidemment, je vomissais ouvertement la Saint-Valentin.

A trente ans, j’ai entamé une décennie visant à feinter la Saint-Valentin. Le repas en amoureux, les bougies, les cadeaux, les yeux dans les yeux, les roucoulades, les serments d’amour-toujours, oui et re-oui, mais pas le 14 février ! Pas avec les moutons, les suiveurs, les copieurs, la foule, tous les autres !

Mais voilà.

C’est un échec.

La pression sociale est trop forte.

Le 14 février est trop fort.

Saint Valentin est trop fort.

C’est comme le 31 décembre : essayez d’ignorer le 31 décembre, de ne rien faire, vraiment rien – pas de repas spécial, pas de champagne, pas de sortie, pas de fête entre amis, même à la maison, et de tenir jusqu’au bout.

C’est intenable.

Depuis le 1er février, tu dois savoir ce que tu fais le 14 février. Tous les jours, tes copines, tes copains, tes collègues te posent la question. Parfois par curiosité, mais surtout parce qu’eux aussi sentent la pression, se demandent quoi faire et cherchent l’idée parfaite. Essaie donc de répondre : «Rien. Je ne fais rien». Illico, c’est l’interrogatoire : « Quoi ? Comment ? Pourquoi ?»

C’est intenable. A force de te justifier, d’expliquer, tu craques. De guerre lasse, tu finis par te trouver idiot avec ton «rien», et tu finis par faire une concession. Ramener une rose à la maison. Glisser un «Joyeuse St-Valentin» en catimini en te levant. Mais comme tu tiens à garder ton autonomie et à marquer ton indépendance, tu gardes aussi ta Saint-Valentin à toi, le jour spécial que vous vous êtes choisis pour fêter votre amour unique au monde. Résultat : au final vous fêtez deux Saint-Valentin au lieu d’une. Ce n’est pas désagréable, mais c’est idiot.

Alors désormais, je fais simple : je fais comme tout le monde. Je ne me révolte plus, je ne refais plus le monde, je ne fais plus l’intello, je ne méprise plus le vaste peuple des amoureux, je ne chipote plus, et je fête la Saint-Valentin le 14 février avec mon amoureux. Je le fais à fonds, même.

J’ai un jour expliqué ici pourquoi l’acte de descendre les poubelles était l’acte d’amour le plus désintéressé et amoureux du monde.

Il y a mieux, et mon Chéri si tu écoutes, bouche-toi les oreilles, c’est une surprise.

Il y a mieux que le champagne de la Saint-Valentin, ou le fois gras de la Saint-Valentin : la fondue de la St-Valentin.

La fondue, je ne la digère pas.

Après une fondue, je ne dors pas de la nuit.

Après une fondue, mes habits sentent la fondue pendant une semaine.

Et pourtant, qu’est-ce que je me réjouis d’aller manger une fondue demain soir!

Et pourtant, qu’est-ce que je suis heureuse parce qu’Il sera heureux !

C’est ça, le vrai miracle de l’amour, c’est ça, le miracle de la Saint-Valentin !

Chabadababa, et Joyeuse Saint-Valentin !