Michel Peyrard : « Il faut du temps pour revenir »

TéléObs. D’où vient l’idée de ce film ?

Michel Peyrard. – D’abord, j’appartiens à une profession qui, depuis quarante ans, du Liban à la Syrie, est devenue une cible privilégiée pour les ravisseurs. J’ai beaucoup échangé, à propos de sa détention, avec Hervé Ghesquière [ce journaliste, décédé en 2017, avait été otage des talibans en Afghanistan de 2009 à 2011, NDLR]. C’était un ami et le film lui est dédié. Par ailleurs, j’ai vécu en Colombie où il y avait, dans les années 2000, 3 000 kidnappings par an. J’ai été frappé par les similitudes dans la manière dont les otages vivent leur détention. Qu’elle ait lieu dans une geôle afghane ou dans une prison à ciel ouvert comme la forêt amazonienne.

Comment avez-vous choisi les sept otages du film ?

J’ai établi une liste de quelque 200 otages enlevés depuis le début des années 2000. Je tenais à ce qu’ils n’aient pas été impliqués sur le terrain, comme peuvent l’être les barbouzes, par exemple. Il s’agit donc pour la plupart de touristes, de journalistes et d’humanitaires. Il fallait aussi que soit représenté un éventail de mouvements opérant dans différentes parties du monde : les Farc (Forces armées révolutionnaires de Colombie), l’Etat islamique ou Al-Qaida en Syrie, les talibans en Afghanistan, Al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi)…

Qu’est-ce qui les rassemble ?

Pour préparer mes interviews, j’ai rencontré des psychiatres qui connaissent bien

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