Macron et les patrons, de l'admiration au mariage de raison

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Geoffroy Roux de Bézieux (à gauche), président du Medef, et Emmanuel Macron, à l’Elysée, le 27 novembre 2018.
Geoffroy Roux de Bézieux (à gauche), président du Medef, et Emmanuel Macron, à l’Elysée, le 27 novembre 2018. JEAN-CLAUDE COUTAUSSE / FRENCH-POLITICS POUR “LE MONDE”

Emmanuel Macron et Geoffroy Roux de Bézieux le savent, ils sont condamnés à s’entendre. Le chef de l’Etat et le président du Medef ne sont pourtant pas de grands amis. Mais la crise des « gilets jaunes » a fragilisé le quinquennat du premier et mis en danger la politique pro-entreprise de l’Elysée chère au second. Les voilà unis, presque à leur corps défendant, pour sauver ce qui peut l’être.

Passé le mouvement d’humeur qui lui a fait quitter la table des négociations sur l’assurance-chômage, le patronat devait donc reprendre, jeudi 14 février, les discussions avec les syndicats. Le sujet est trop important pour que le Medef s’en dessaisisse. Et ne mérite pas, à ce stade, d’ouvrir un nouveau front avec un exécutif déjà fragilisé.

Même s’ils partagent de nombreuses convictions, Emmanuel Macron et Geoffroy Roux de Bézieux ont toujours eu une relation distante. Quand ils se rencontrent pour la première fois à la commission Attali, créée par Nicolas Sarkozy en 2007 pour « libérer la croissance », le futur président du Medef ne remarque même pas le jeune rapporteur adjoint du cercle de réflexion. A tel point qu’il décline une invitation à déjeuner de celui qui est en train de devenir la coqueluche du cénacle…

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Dans leur grande majorité, les patrons du CAC 40 et d’autres grands groupes qui ont connu Emmanuel Macron à ses débuts ont d’abord été enthousiasmés.

Qu’ils l’aient croisé chez Rothschild où il était banquier d’affaires, à l’Elysée quand il en était le secrétaire général adjoint ou à Bercy en tant que ministre de l’économie, ils ont été le plus souvent séduits. Emballés même, par cet inspecteur des finances qui aime l’entreprise et parle leur langue. Ils le trouvent brillant, chaleureux, tellement compréhensif.

Lorsqu’il s’est déclaré candidat à l’élection présidentielle, avec un programme très à leur goût, le monde patronal s’est réjoui. « Une bonne partie était tout de même pro-Fillon », nuance une source. « Mais quand ce dernier est allé dans le mur, ils ont préféré le soutenir », confirme un communicant.

L’idylle a duré quelques mois. Les chefs d’entreprise ont applaudi à la suppression de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF), la mise en place de la « flat tax » ou encore les ordonnances pour assouplir le code du travail qu’ils appelaient de leurs vœux depuis tant d’années.