Liban. Les autorités censurent une caricature de Khamenei dans “Courrier international”

La semaine dernière, Courrier international proposait un dossier spécial consacré aux 40 ans de la révolution islamique en Iran et ses conséquences sur le Moyen-Orient aujourd’hui. Si le numéro a bien été distribué au Liban, une caricature figurant dans le dossier et représentant le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, y a été censurée. “Un coup de ciseau de plus du bureau de censure de la Sûreté générale”, nous apprend le quotidien libanais L’Orient-Le Jour.

Le dessin de Marco De Angelis, initialement paru dans le journal italien La Repubblica, montre le turban de Khamenei envoyant des éclairs à des manifestants iraniens. “Si de manière générale, la SG applique la censure conformément à la loi qui condamne les ‘atteintes’ à la religion, dans ce cas, il s’agit d’une critique du pouvoir politique de l’ayatollah Khamenei”, écrit L’Orient-Le Jour. La caricature a été recouverte d’autocollants gris opaques.

Le journal libanais raconte que ces censures sont régulières dans le pays, plusieurs journaux français ayant vu leurs pages arrachées (L’Obs) ou leurs caricatures cachées (Le Canard enchaîné). “Le bureau de la censure de la Sûreté générale biffe régulièrement des publications ou des créations artistiques notamment lorsqu’il considère que ces dernières portent notamment atteinte à la religion, ou qu’elles constituent une normalisation avec Israël”, explique L’Orient-Le Jour.

[La direction de Courrier international déplore que la distribution au Liban du numéro du 7 février faisant la Une sur “L’Iran : 40 ans d’islamisme et après?” ait été d’abord interdite par la censure, puis finalement autorisée après après avoir caché des carricatures. Courrier international publie depuis sa création des cartoons réalisés par des dessinateurs étrangers, et veut défendre partout dans le monde la liberté de la presse, trop souvent remise en cause, en particulier lorsqu’il s’agit des dessins et carricatures. Eric Chol, directeur de la rédaction]

Notre numéro est à découvrir en intégralité en ligne.