Le projet de loi santé peut "remettre le système sur ses pieds", estime un syndicat de médecins généralistes

Jacques Battistoni, président du syndicat MG France, estime que cet “ambitieux” projet de loi porté par la ministre de la Santé va dans le bon sens en voulant remettre la proximité au centre des décisions.

Le projet de loi Ma Santé 2022 est présenté, mercredi 13 février, en Conseil des ministres par la ministre de la Santé Agnès Buzyn. Ce projet “est ambitieux. S’il arrive à faire ce qu’on demande depuis longtemps, ce sera réussi”, estime le docteur Jacques Battistoni, mercredi sur franceinfo. Le président du syndicat de médecins généralistes MG France pense qu’il peut contribuer à “remettre le système sur ses pieds”. Selon lui, le système est “déséquilibré en France parce qu’il fonctionne beaucoup à partir des CHU”.

Ce qui est important maintenant, c’est d’organiser des soins sur les territoires, de proximité.Jacques Battistonià franceinfo

Ces soins de proximité doivent disposer “de moyens, qu’ils soient regroupés pour l’essentiel et qu’il y ait la possibilité d’un hébergement pour les patients sans recourir nécessairement aux CHU”, estime Jacques Battistoni. Si les maisons de santé “contribue à faciliter l’accès de la population à des soins de premier recours”, pour le patron de MG France, “ce n’est certainement pas la solution miracle”.

Début 2018, 900 maisons de santé fonctionnaient en France et 300 sites supplémentaires étaient en construction. Elles rassemblent plusieurs professionnels, du pharmacien à l’ophtalmologiste. “il faut qu’on développe ça, comme l’a souhaité le gouvernement à juste titre”, poursuit Jacques Battistoni, car “il est exact que l’exercice à plusieurs permet de se répartir le travail, les heures de présence au cabinet et ainsi d’être plus disponible pour les patients tout en gardant la possibilité d’avoir du temps et de pouvoir aller chercher ses enfants à l’école”.

L’autre mesure-phare du projet de loi porté par la ministre de la Santé est la mise en place d’établissements labellisés hôpitaux de proximité. Le gouvernement parle d’en attribuer entre 500 à 600 d’ici 2022. On y fera des radios, des analyses de sang, mais plus de chirurgie ni de maternité. “Il faut trouver le bon usage, le bon maillage du territoire pour avoir les soins qu’il faut”, estime Jacques Battistoni pour qui il “est important d’avoir les bons soins au bon endroit”.

Il reste encore le problème du personnel à régler. Près de 4 000 postes d’assistants médicaux vont être créés d’ici 2022 pour épauler les médecins. C’est même un besoin “urgent”, indique le président de MG France. L’objectif de Jacques Battistoni et des syndicats de généralistes est que “tous les médecins qui ont besoin d’un assistant médical puissent l’avoir disponible dès 2019”.

Toutefois, il est très compliqué d’obtenir des financements avec l’assurance-maladie. Elle exige que les médecins doublent leur rendement et passent de trois consultations par heure à six consultations. Ce n’est pas acceptable pour les syndicats médicaux, qui ne souhaitent pas ces “conditions d’éligibilité draconienne”. C’est pour cette raison que les syndicats de médecins ont quitté les négociations, la semaine dernière. Et Jacques Battistoni prévient : “si l’assurance-maladie ne bouge pas, on ne reviendra pas à la table des négociations”.