La commission parlementaire sur l'extrême droite veut convoquer Marion Maréchal et Marine Le Pen

INFO LE FIGARO/DOCUMENT – La députée RN du Pas-de-Calais et sa nièce vont être auditionnées pour éclaircir «leurs liens avec les groupuscules d’ultradroite».

C’est une invitation que ni l’une ni l’autre ne s’attendaient à recevoir. Selon nos informations, la commission d’enquête parlementaire sur la lutte contre les groupuscules d’extrême droite en France souhaite convoquer Marine Le Pen et Marion Maréchal ces prochaines semaines. Ouverte à la demande de la France Insoumise, cette commission est présidée par la députée LFI de l’Hérault, Muriel Ressiguier, et a pour objectif de «faire un état des lieux sur l’ampleur du caractère délictuel et criminel des pratiques des groupuscules d’extrême droite».

«Nous allons préparer un rapport et des propositions d’améliorations de notre arsenal juridique pour mettre fin aux activités de ces groupuscules et faire en sorte qu’ils soient mieux surveillés. Beaucoup de ces groupes, même lorsqu’ils font l’objet de dissolution, se reforment. Lors de nos auditions, on nous a donné l’exemple du groupe “Troisième voie” qui est présent sur le territoire sous diverses formes depuis 1936», explique le député apparenté socialiste de la Loire, Régis Juanico, membre de la commission.

Même si ce sont bien les groupes d’«ultradroite» qui sont visés en priorité par la commission, les premiers débats ont largement tourné autour du parti de Marine Le Pen, le Rassemblement national. «Nous nous concentrons également sur les passerelles qui peuvent exister entre le RN et l’ultradroite», justifie encore le député proche de Benoît Hamon. «Nous regardons s’il y a une réelle étanchéité entre ces groupes et le parti, notamment ses ramifications avec le groupe des “Identitaires”. Le fait que Marion Maréchal ait ouvert son école à Lyon, ville où il y a une concentration de ces groupuscules, qui a été le fief d’un certain nombre de négationnistes, est intéressant».

Des raisons qui ont motivé la présidente de la commission, Muriel Ressiguier, avec l’accord de son rapporteur Adrien Morenas (LREM), à inscrire sur la liste des propositions de convocation la présidente du RN, Marine Le Pen, comme l’ancienne députée du Vaucluse, Marion Maréchal. Ainsi que le président du groupe RN au Conseil régional du Nord, Philippe Eymery (voir document ci-joint). «Bien qu’officiellement le RN nie tout lien avec eux, on sait qu’il y a des relations entre les élus et ces militants de l’ultradroite», assure Muriel Ressiguier au Figaro. «Pour avoir un panorama complet, nous devons auditionner les institutions, des personnes issues de l’ultradroite, leurs victimes, des gens qui les combattent. On peut être amené également à voir des responsables du RN».

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Devant la perspective de cette convocation, Marine Le Pen fulmine au Figaro: «La France Insoumise ne pourra plus accuser Emmanuel Macron de dévoyer les institutions puisqu’elle fait exactement la même chose. Elle mène un combat politique à ses adversaires à travers des institutions qui ne sont pas faites pour ça!» La présidente du Rassemblement national n’entend pourtant pas esquiver la commission: «Je vais y aller et ils ne vont pas être déçus. Je vais leur parler d’une vie entière passée à subir les violences de l’extrême gauche. Cela fera comme le procès en diffamation engagé par M. Baupin, qui s’est transformé en son propre procès».

Si les convocations ne sont pas encore parties, la commission entend conduire ses auditions jusqu’au 16 mai prochain. Elle rendra ensuite son rapport public le 11 juin prochain.