Jérôme Cahuzac: bataille autour d'un aménagement de peine

Un juge d’Ajaccio vient d’accepter la demande d’aménagement de peine faite par l’ancien ministre. Le procureur a fait appel de cette décision. La défense de l’ancien député dénonce un «acharnement».

Pour le moment, Jérôme Cahuzac peut rester dans sa maison familiale, en Corse-du-Sud. Un juge du tribunal d’Ajaccio a accepté, mercredi, sa demande d’aménagement de peine.

En mai dernier, l’ancien ministre du Budget avait été condamné en appel à quatre ans de prison, dont deux avec sursis. C’est au total un nombre d’années plus élevé qu’en première instance, où il avait écopé de trois ans ferme. Mais la durée ferme réduite à deux ans lui permettait de demander cet aménagement, sous forme de port d’un bracelet électronique.

Le parquet fait appel

Le procureur d’Ajaccio s’est opposé à cette demande, estimant que le projet de Jérôme Cahuzac «paraissait insuffisamment étayé». «L’aménagement de peine est possible pour répondre à une obligation personnelle ou une obligation professionnelle, j’ai considéré qu’il n’avait pas d’obligation particulière ni d’un côté ni de l’autre.» Le parquet a donc fait appel de la décision du juge.

«Jérôme Cahuzac veut exécuter sa peine»

Une réaction qui fait bondir la défense de l’ancien ministre. Au Figaro, Me Antoine Vey dénonce une décision «scandaleuse, qui confine à l’acharnement judiciaire» provoquant «un yo-yo psychologique insupportable». «Jérôme Cahuzac veut exécuter sa peine, la loi doit être la même pour tous», fait valoir l’avocat, qui sous-entend que l’on réserve un traitement de faveur défavorable à son client, qui fut au centre d’un scandale politico-médiatique, en 2013.

Jérôme Cahuzac réside actuellement dans une maison familiale, dont ses parents étaient propriétaires, située tout au sud de l’Île de Beauté. Il a demandé à pouvoir ouvrir un cabinet de médecin généraliste. L’Ordre des médecins doit statuer prochainement sur cette requête. Le conseil local y est favorable, tandis que les instances nationales s’y opposent. Un placement sous bracelet électronique pourrait, en théorie, lui permettre d’exercer cette activité, dans la mesure où il respecte les demandes du juge quant à sa détention. Et s’il obtient une nouvelle fois gain de cause en appel.