Grand débat national à Colombelles, près de Caen : des échanges « sans aucun sujet tabou »

La Ville de Colombelles a organisé son seul débat, mardi 12 février 2019 avec un objectif : laisser la liberté à chacun de s’exprimer en dehors des thématiques balisées par l’Etat.

Marc Pottier, le maire de Colombelles, près de Caen (Calvados),  a introduit le grand débat avant de laisser la parole aux habitants, mardi 12 février 2019.
Marc Pottier, le maire de Colombelles, près de Caen (Calvados), a introduit le grand débat avant de laisser la parole aux habitants, mardi 12 février 2019. (©Grégory Maucorps/Liberté le bonhomme libre)

Mardi 12 février 2019, en soirée, la municipalité de Colombelles a organisé son seul grand débat national. Avec une orientation préalable toutefois : ne pas s’astreindre aux quatre thématiques édictées par le sommet de l’État.

Avoir autant de personnes au rond-point Lazzaro pendant autant de temps, ce n’est pas anodin, indique Marc Pottier, le maire de Colombelles. Dans ce moment complexe, c’est important de permettre aux citoyens de s’exprimer sur ce qu’ils ont envie. Il n’y a aucun sujet tabou.

« Parler librement sur cette situation pesante »

Le rendez-vous a été construit en amont avec des habitants, des membres du conseil municipal et des gilets jaunes. « Notre ville se veut inclusive et citoyenne. Chacun doit pouvoir parler librement sur cette situation pesante », reprend Marc Pottier.

Une centaine de Colombellois, de membres du conseil et quelques gilets jaunes ont passé la porte de la salle Jean-Jaurès pour échanger et débattre librement.

Je m’intéresse au mouvement des gilets jaunes depuis le départ, même si je n’ai pas participé aux manifestations, indique Magali, une habitante de la commune de 47 ans. Beaucoup disent que le mouvement s’essouffle, ce n’est pas vrai. C’est important que tout le monde donne son opinion. J’attends d’entendre les revendications, car il en faut pour les faire remonter plus haut. Pour l’instant, on embête les citoyens et pas le gouvernement. Je pense de plus en plus à descendre dans la rue.

« On est un peu oublié »

Natacha (47 ans) et Martine (64 ans), Caennaises toutes les deux, avaient « peur de venir à un truc de Macron », tout en espérant que le RIC, les taxes et les produits de première nécessité seraient évoqués.

Quant à Christine, Colombelloise de 53 ans, elle souhaitait :

Voir ce qui se dit au grand débat, car je suis toute seule avec mes enfants et les fins de mois sont compliquées. Je touche 1.200 € pour 1.000 € de factures, c’est trop juste. On est un peu oublié. Et nos enfants veulent travailler mais dans de bonnes conditions.

Le pouvoir d’achat, le logement, le handicap, les corps intermédiaires… sont les thèmes qui reviennent dans le cahier de doléances de Colombelles. Mardi soir, la situation des fonctionnaires, la suppression de l’ISF, le niveau des retraites, les évasions fiscales, le mouvement des gilets jaunes, le poids de la cour des comptes ou le rôle des élus ont été débattus.

Toutes ces remarques ont été compilées et seront ajoutées au cahier de doléances pour remonter à Paris.