Centrale à charbon de Gardanne : "Le gouvernement reste campé sur sa position"

Drapeaux rouges aux couleurs de la CGT, fumigènes et autres pétards assourdissants… Près de cinquante personnes ont répondu à l’appel au rassemblement lancé par le syndicat, en soutien aux salariés de la centrale à charbon de Gardanne. Face à eux, plusieurs groupes de CRS étaient postés pour “éviter tout débordement“. Ça, c’était pour l’ambiance hier après-midi sur le parvis de la préfecture, à Marseille.

Car dans les bureaux, juste au-dessus, avait lieu la première réunion de travail sur l’avenir de la centrale à charbon qui devrait fermer selon les annonces du gouvernement en 2022. Comme l’avait indiqué dans nos colonnes, la secrétaire d’État en charge de la Transition écologique et solidaire, Emmanuelle Wargon, cette première étape avait pour objectif de présenter les grandes lignes des enjeux de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE). Autour de la table, se trouvaient des représentants de l’État dont David Coste, délégué interministériel à l’avenir du territoire, des dirigeants d’Uniper, des élus du territoire, mais également des représentants de personnels de la centrale à charbon de Gardanne ainsi que des dockers et du Grand port maritime de Marseille.

Car l’un des premiers points mis en avant par les représentants CGT, c’est la restriction de la problématique de la fermeture de la centrale au seul site gardannais. “La transition, ils ne la calibrent que sur la centrale. Ils n’ont pas pris en compte le port et le transport“, martelait Nadir Hadjali, délégué CGT aux côtés de Nicolas Casoni, également délégué CGT de la centrale, en grève depuis le 7 décembre. Après près de cinq heures d’entretien et de vifs échanges, selon les premiers témoignages recueillis, peu d’informations filtraient. “L’ensemble des élus présents s’est exprimé en faveur du moratoire, expliquait à chaud Nadir Hadjali.Une situation confirmée par le maire de Gardanne, Roger Meï, représentant à la fois la Ville de Gardanne, mais aussi Béatrice Aliphat, élue en charge de l’énergie à la Métropole, ainsi que Martine Vassal présidente de l’institution : “Nous, élus, représentants des salariés et dirigeants de la centrale de Gardanne-Meyreuil, avons unanimement demandé un moratoire, un délai pour trouver une solution concertée et conserver l’emploi lié à l’activité de l’usine.” “Mais le gouvernement reste campé sur sa position en disant : ” on entend, on va faire remonter cette information “. On en est là” se désolait Nadir Hadjali.

Puis sur la question de la centrale de Cordemais, en Loire-Atlantique (dont la fermeture pourrait être retardée Ndlr), l’édile gardannais, tout comme les syndicats, s’interrogeaient sur cette différence. Le représentant CGT du personnel estimait ces premières réponses comme “fragiles”. Ajoutant : “De toute façon, ils ne sont là que pour faire la boîte aux lettres.” Après ce chapitre, l’ensemble des parties prenantes auraient suivi une présentation par RTE sur l’équilibre de l’offre et de la consommation en matière d’énergie sur le territoire. Mais il était difficile d’en apprendre plus hier soir. Une autre réunion est prévue le 22 février.