Airbus annonce officiellement la fin de la production de l'A380, plus de 3000 emplois impactés

Emirates n’aura donc pas sauvé le programme A380. La compagnie de Dubaï a finalement décidé de réduire ses commandes de superjumbo de 39 exemplaires faisant tomber de 162 à123 le nombre d’appareils qu’elle a commandés. Depuis le début du programme A380 il y a douze ans, le superjumbo n’a donc enregistré que 288 commandes, loin des 1200 avions prévus à son lancement.  A la place des A380, Emirates achète 40 A330 NEO et trente A350. En 2019 et 2020, Emirates finira de prendre livraison de 14 A380 déjà commandés par le passé. Conséquence immédiate: la production d’A380 sera stoppée dans le courant de l’année 2021. “En conséquence de cette décision, nous ne disposons pas d’un carnet de commandes substanciel pour poursuivre la production malgré tous nos efforts commerciaux auprès d’autres compagnies aériennes ces dernières années. Cela nous amène à arrêter les livraisons d’A380 en 2021” a réagi Tom Enders.

3000 emplois impactés

Le président d’Airbus qualifie cette décision de “douloureuse” d’autant que l’A380 est sur le plan technique et industriel une vraie réussite et que les passagers du monde entier le plébiscitent. L’A380 a été élu à deux reprises meilleur avion au monde. Cette décision a été confirmée hier par un conseil d’administration d’Airbus. Malgré l’arrêt de la production, Airbus s’engage à assurer le suivi de la flotte d’A380 actuellement en service chez les compagnies aériennes du monde entier. Cette décision va provoquer un impact social important puisque l’avionneur chiffre entre 3000 et 3500 le nombre d’emplois qui seront affectés en Europe par l’arrêt de l’A380. La direction de l’avionneur va ouvrir des discussions avec les organisations syndicales dans les prochaines semaines. Toutefois, la montée en cadence des autres programmes comme l’A320 ou l’A350 doit offrir d’importante opportunités de mobilité pour les compagnons, techniciens et ingénieurs.

Les discussion avec Emirates n’auront donc pas réussi à aboutir. Elles portaient sur la commande 36 A380 (20 fermes + 16 options) passée en janvier 2018. Emirates n’a pas réussi à négocier avec le motoriste Rolls Royce des conditions satisfaisantes, lui faisant annuler cette commande pourtant salvatrice pour l’A380. Ces 36 appareils devaient en effet assurer la survie du superjumbo encore pour dix ans. Sans cette commande, l’A380 était menacé et c’est ce qu’il s’est passé. D’autant que ces dernières semaines, les annulations se sont accumulées. Outre Emirates, la compagnie australienne Qantas a annoncé la semaine dernière l’annulation des huit A380 qu’elle devait encore recevoir. Fin 2018, une commande de dix A380 attribués à Hong Kong Airlines a aussi disparu du carnet de commandes.

880 à 890 livraisons en 2019

L’annonce de la fin de l’A380 est venu assombrir la dernière publication de résultats financiers du mandat de Tom Enders. Le patron d’Airbus qui sera remplacé en avril par le Français Guillaume Faury doit en effet présenter ce matin à Blagnac un bilan économique et financier 2018 du groupe. Le chiffre d’affaires, toutes divisions confondues, a bondi de 59 milliards à 63,7 milliards d’euros porté par la livraison record de 800 avions contre 718 en 2017. Dans le détail, Airbus a livré vingt A220, 626 avions de la famille A320 dont 386 en version NEO, 49 A330, 93 A350 et douze A380. Airbus Helicopters a livré 356 appareils. Par ailleurs, Airbus a annoncé l’atteinte de la cadence de 60 A320 produits par mois d’ici mi 2019 et même 63 à partir de 2021.

Concernant, l’avion long-courrier A350, sa production est désormais de dix exemplaires par mois. Airbus a toutefois annoncé que la compagnie du Golfe Etihad a réduit de 42 exemplaires sa commande d’A350-900 mais maintient sa commande de vingt A350-1000, la plus grosse version. Dans ce contexte, le résultat net du groupe Airbus atteint 3,05 milliards en 2018 contre 2,3 milliards d’euros en 2017. Fort de ces bons résultats financiers, le conseil d’administration proposera à la prochaine assemblée générale des actionnaires le versement d’un dividende de 1,65 € par action contre 1,50 € en 2017. Ces résultats sont encore censés s’améliorer en 2019 puisqu’Airbus prévoit encore une nette augmentation de sa production avec 880 à 890 livraisons d’appareils (contre 800 en 2018) soit une hausse d’au moins 10%.