Une lectrice de «20 Minutes» passe la journée à France Musique: «J'y serais restée des heures»

Il y a quelques mois, nous emmenions trois de nos lecteurs à la découverte de salles de concerts parisiennes et des œuvres qu’on y jouait. Cette fois-ci, nous avons décidé de concentrer l’expérience en une journée. Et quoi de mieux qu’une radio, que dis-je LA radio de la musique classique pour faire cette expérience ? Nous vous emmenons chez
France Musique et nous racontons l’expérience de Camille à l’occasion de la
Journée mondiale de la radio.

View this post on Instagram Piotr Ilitch Tchaïkovski a disparu il y a 125 ans jour pour jour. Voici le tourbillon de grâce et de poésie qu’est sa Valse des Fleurs, de ‘Casse-Noisette’, avec l’Orchestre national de France à la @maisondelaradio @radiofrance. 🌺 . . . #nutcracker #ballet #tchaikovsky A post shared by France Musique (@francemusique) on Nov 6, 2018 at 2:48am PST
Camille faisait partie des déçus de l’expérience de l’année dernière. Présélectionnée, elle n’avait finalement pas fait partie de l’aventure, mais tout vient à point à qui sait attendre. Le 29 octobre, elle prenait sa revanche avec une journée concoctée pour elle. Son plus grand souhait ? « Aller voir l’orchestre de Radio France. » Et elle a été servie.

« Nous avons les mêmes courbes d’audiences que Nostalgie »

Rendez-vous lui avait été donné un peu avant 8h, pour commencer la journée comme il se doit, par la matinale. « Je la trouve très calme », glisse la jeune fille. Et c’est le but. « Nos auditeurs du matin sont à 80 % ceux de France Inter qui en ont marre d’écouter les infos, explique Clément Rochefort, qui anime cette tranche horaire pendant les congés de sa titulaire, Saskia De Ville. Nous sommes meilleurs entre 9h et midi, auprès des gens qui sont au boulot. Nous avons les mêmes courbes d’audience que Nostalgie. »

View this post on Instagram Il y a 333 ans naissait Domenico Scarlatti, qui a composé pas moins de 555 sonates. En-voici une, Nº481. @jeanrondeau.official nous offrira quelques belles notes de son nouvel album Scarlatti dans l’émission Générations France Musique – Le Live, samedi le 27 octobre. #scarlatti555 A post shared by France Musique (@francemusique) on Oct 26, 2018 at 10:48am PDT
L’animateur, passionné de musique baroque, a d’ailleurs décidé de convaincre notre lectrice, en toute bonne fois, mais pas très subtilement : c’est avec cinq CD sous le bras que Camille quitte son bureau. Le résultat après coup ? « J’ai écouté quelques extraits de morceaux des CD que m’a donnés Clément Rochefort. Je ne pense pas que les morceaux soient connus du grand public et, en tant que novice en musique classique, j’ai eu du mal à les écouter en entier », confesse Camille (que l’on comprend).

« On se tue à décloisonner, et Clément fait du prosélytisme ! »

D’ailleurs, on file ensuite dans le bureau du directeur. Pas pour se faire gronder, tout va bien ! Mais pour discuter de musique avec Marc Voinchet et Stéphane Grant, le délégué aux programmes. « On se tue à décloisonner, et Clément fait du prosélytisme ! », réagit Marc Voinchet quand on lui montre la besace de Camille. Il ajoute : « Cette musique a été très méprisée à une époque, mais elle a aussi ses fans absolus. » Car, « sous le terme “musique classique”, il y a mille ans de musique », précise le directeur de France Musique.

View this post on Instagram Mamma mia ! Il peut tout chanter ! Écoutez @robertoalagna.tenor, @aleksandra_kurzak et leurs chers amis musiciens dans le concert du soir. A post shared by France Musique (@francemusique) on Oct 30, 2018 at 5:21am PDT
« Aujourd’hui, la musique écrite est dite “savante” », regrette Stéphane Grant. « Ce terme de “musique savante” est désobligeant pour les autres, explique Marc Voinchet. Mais il n’y a rien de mieux qu’un musicien classique qui admire un jazzman parce qu’il serait incapable d’improviser. » Sur France Musique, il n’y a d’ailleurs pas que de la musique classique. « On a voulu enlever la cravate que tout le monde pense qu’on a », confie Marc Voinchet.

« Contrairement à ce qu’on pourrait croire, c’est très vivant »

Passage ensuite par l’émission En pistes, animée par Emilie Munera et Rodolphe Bruneau-Boulmier, qui commence à 9 heures. « C’est une émission de sorties de disques, explique le duo. On montre la diversité de ce qui sort en baroque, contemporain, classique… On essaie vraiment de montrer tout ce qui se fait dans le milieu discographique. Et contrairement à ce qu’on pourrait croire, c’est très vivant. C’est une émission nature, basée sur notre complicité. » Pour se mettre à la musique classique, ils conseillent à Camille d’écouter Rachmaninov.

.@francemusique ↗️🎶🎉C’est l’heure de suivre le père Noël et la mère Noël …. @EmilieMunera @RodolpheBB 🤶🎅#EnPistesBrahms, Mahler, Prokofiev… https://t.co/fMqkL1xbsW— marc voinchet (@mvoinchet) December 19, 2018

Un tour à France Inter pour voir La Bande Originale, un autre à la cantine de Radio France, et nous voilà installées pour la répétition du concert du Hip-Hop symphonique, lors duquel cinq rappeurs se produisent sur scène avec l’orchestre philharmonique de Radio France. « Avoir assisté à la répétition du concert Hip-Hop Symphonique dans l’Auditorium de Radio France, fait partie de mes meilleurs moments de la journée, confie Camille. J’y serais restée des heures. Ça m’a donné envie de revenir pour un concert, la salle est magnifique. »

« La musique c’est du plaisir et de l’émotion »

La répétition de l’orchestre laisse place à celle du ténor Roberto Alagna qu’on retrouvera en concert le soir, après une discussion avec Frédéric Lodéon. Sa réponse sur la meilleure manière de se mettre à la musique classique est la plus étayée de la journée : « Ça dépend de votre nature. Qu’est-ce que vous attendez de la musique ? Si c’est du calme, je vous conseille du vrai classique : Mozart, Haydn, Schubert, nous explique l’animateur. Mozart c’est la grâce, Beethoven c’est la force, Brahms la sensualité, Debussy la poésie… Dans la musique classique, il faut rentrer par une porte et ensuite ouvrir les autres, sinon c’est frustrant. La musique c’est du plaisir et de l’émotion. »

Et Camille, qu’en pense-t-elle ? « Ce n’est pas le style de musique que j’écouterai tous les jours, mais à l’occasion ça peut être plaisant. Avant ma journée à France Musique c’est une radio sur laquelle je passais assez vite sans prendre le temps d’écouter. Aujourd’hui, je suis plus attentive. » Pari gagné ? Oui, si l’on en croit sa recherche active de places pour retourner à l’Auditorium de Radio France écouter un concert.

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