Une association invite 240 mères isolées à l'Assemblée nationale

La Fondation K d’Urgences défend notamment l’allongement de l’aide au financement de la garde d’enfant jusqu’à l’entrée en 6e.


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En France, un enfant sur cinq est désormais élevé au sein d’une famille monoparentale. / Shirohige/Stock Adobe

À quel âge un enfant est-il autonome et n’a-t-il plus besoin de quelqu’un à la maison quand il rentre le soir ? Cette question complique le quotidien des parents qui élèvent seuls leurs enfants. En effet, en France, l’aide à la garde d’enfant s’arrête à 6 ans, soit l’entrée en CP. Que faire au-delà, quand on est mère isolée, pour faire les sorties d’école et surveiller les devoirs ? Continuer à travailler et passer une bonne partie de son salaire en frais de garde ? Ou faut-il arrêter de travailler, avec le risque alors de tomber dans la pauvreté, comme c’est déjà le cas pour 30 % des familles monoparentales ?

Vu qu’aucune solution n’est bonne, la Fondation K d’Urgences présidée par la journaliste Christine Kelly défend l’idée d’allonger le versement de l’aide au financement d’un mode de garde qui existe jusqu’aux 6 ans de l’enfant actuellement, jusqu’à l’entrée de l’enfant jusqu’en 6e.

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Faire émerger des propositions

Cette proposition devrait figurer en bonne place dans les discussions qui auront lieu ce mercredi 13 février à l’Assemblée nationale où l’association a invité 240 parents isolés à venir échanger leurs idées et leurs difficultés du quotidien.

Les participants pourront interpeller les trois ministres annoncés : Marlène Schiappa, chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes ; Christelle Dubos, secrétaire d’Etat auprès de la ministre des solidarités et de la santé ; et Mounir Mahjoubi, chargé du Numérique. L’idée est de faire émerger des propositions qui alimenteront le grand débat national.

Le moment est propice selon Christine Kelly. « Tout récemment, grâce à la colère des gilets jaunes et au lancement du grand débat national, Emmanuel Macron a admis que le gouvernement pouvait “sans doute aller plus loin” pour soutenir ces familles », fait-elle valoir. Kelly.

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La présence massive de femmes sur les ronds-points est venue en effet rappeler la nécessité de s’attaquer à la pauvreté des familles monoparentales. Force est de constater qu’elles sont à la fois de plus en plus nombreuses et plus pauvres que les autres.

Ainsi, selon les derniers chiffres de l’Insee, un enfant sur cinq est désormais élevé au sein d’une famille monoparentale. Et 30 % de ces familles vivent sous le seuil de pauvreté.

Aide à la petite enfance

L’actuel gouvernement a déjà quelques mesures à son actif, qui se concentrent néanmoins sur la petite enfance. Tout d’abord, le fameux complément de mode de garde a été réévalué de 30 % pour ces familles les plus pauvres l’an dernier pour l’embauche d’un assistant maternel, d’une garde à domicile ou le recours à un organisme habilité.

Ensuite, plusieurs mesures contenues dans la Stratégie pauvreté bénéficieront, de fait, aux familles monoparentales puisqu’elles forment le gros du bataillon de la pauvreté en France : par exemple, le « bonus » mixité sociale par exemple qui doit permettre d’accueillir plus d’enfants de familles pauvres en crèches.

Restera à trouver les modes de financement. Pour l’instant, les mesures du gouvernement se sont faites au détriment des familles des classes moyennes. Une solution, qui ne semble pas précisément de nature à satisfaire les demandes des « gilets jaunes ». Pour ces familles en effet, l’allocation de base de la prestation d’accueil du jeune enfant (Paje) a baissé de 15 € et certaines en sont désormais privées depuis l’abaissement des plafonds de revenus.

Emmanuelle Lucas