Un robot va "toucher" pour la première fois du combustible fondu de Fukushima

La compagnie d’électricité japonaise Tepco a commencé mercredi une opération inédite dans la centrale ravagée de Fukushima, en envoyant un robot dans un des réacteurs pour y «toucher» le combustible fondu, pour la première fois. «L’opération a débuté vers 7 heures du matin et doit durer environ cinq heures. Pour le moment, aucun problème n’a été rapporté», a affirmé à l’AFP une porte-parole de Tokyo Electric Power (Tepco).

Ce travail est réalisé dans le réacteur 2, l’un des trois dans lesquels le combustible a fondu. De précédentes investigations avaient été réalisées dans l’enceinte de confinement dans laquelle s’est échoué le combustible, mais uniquement des observations distantes avec caméras et robots. Cela avait permis de repérer une partie du combustible fondu.

Un robot conçu par Toshiba

C’est le retrait de ces «débris», d’un niveau de radioactivité exceptionnelle, qui constituera la tâche la plus ardue du démantèlement de ces installations mises en péril il y a bientôt huit ans, le 11 mars 2011, par un gigantesque tsunami sur la côte nord-est du Japon. «Cette fois, c’est un contrôle tactile», a expliqué Tepco dans une présentation mise en ligne. Un robot amélioré, conçu par Toshiba, va aller toucher ce combustible.

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La partie qui ira au contact des débris ressemble à un gros flotteur au bout d’un câble qui va descendre au-dessus du combustible en étant télécommandé depuis une salle de contrôle. Cet engin est équipé d’un système de mesure de radiations, d’un thermomètre, d’une caméra et d’un éclairage. «Nous ne ferons cette fois pas de prélèvement», a précisé un responsable de Tepco dans une vidéo sur le site internet de la compagnie.

Le pire accident nucléaire depuis Tchernobyl

«Si nous parvenons par exemple à évaluer la dureté et d’autres caractéristiques de ces débris, ce seront des informations très utiles pour préparer les opérations d’extraction», a-t-il ajouté. Les cœurs des réacteurs 1 à 3 ont fondu au moment de l’accident et doivent être refroidis en permanence. L’exploitant Tepco est toujours en train d’étudier les moyens nécessaires pour en extirper le combustible.

Cette opération ne débutera pas au mieux avant 2021 dans une première tranche, et Tepco a en outre bien d’autres casse-tête à résoudre, dont celui des quantités massives d’eau en partie contaminée stockées dans des citernes installées sur le site.

L’accident de Fukushima, le pire depuis celui de Tchernobyl (Ukraine) en 1986, a provoqué l’évacuation de dizaines de milliers de personnes, dont beaucoup ne peuvent ou ne veulent pas revenir à cause des radiations. Une partie de la zone est pour des décennies au moins inhabitable.

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