Un groupe de 86 députés, dont des élus LREM, appelle à réévaluer la taxe carbone

Un groupe de 86 députés, issus principalement de la République en marche (LaRem), appellent ce mercredi 13 février dans une tribune publiée par nos confrères du Figaro, à trouver une “fiscalité carbone efficace” après l’abandon de la taxe carbone au plus fort de la crise des “Gilets jaunes”.

Les signataires, parmi lesquels Cédric Villani, Barbara Pompili, Joël Giraud et Matthieu Orphelin – qui a quitté le groupe LaRem la semaine dernière -, disent entendre et trouver “légitimes” les critiques des Français qui jugent que la fiscalité carbone n’est qu’un prétexte pour « augmenter sans cesse des dépenses publiques dont ils ne perçoivent plus les bénéfices ».

« Pour nous la fiscalité carbone n’est pas un dogme, pas plus qu’un marqueur politique. C’est, parmi d’autres, un outil efficace pour faire évoluer les décisions d’investissement, favoriser les comportements vertueux », écrivent-ils. « Plutôt que d’abandonner cet outil, nous voulons continuer le débat entamé avec les citoyens dans le cadre du Grand débat national, pour construire tous ensemble une fiscalité qui soit à la fois écologique, juste et lisible. »

Après plusieurs semaines d’inflexibilité, le gouvernement avait en effet annulé en décembre l’augmentation de la taxe carbone qui devait représenter 2,9 centimes par litre d’essence et 6,5 centimes par litre de diesel à compter du 1er janvier. C’était l’une des premières revendications des “Gilets jaunes”, mobilisés depuis la mi-novembre.

Le délégué général de La République en marche, Stanislas Guerini, s’était déjà déclaré le 11 février favorable au retour de la taxe carbone. Sa voix s’ajoutait à celle de la secrétaire d’Etat à la Transition écologique Brune Poirson qui s’est prononcée sur le sujet dimanche : « C’est un outil qui est efficace et qui a un vrai impact ».

Chez nos confrères de Franceinfo, le député non inscrit Matthieu Orphelin a expliqué que « ce n’est pas du tout le retour de la taxe carbone telle qu’elle avait été envisagée et mise en place. »

« C’est pas forcément une taxe en plus, ça peut être une fiscalité différenciée, ça peut être des bonus-malus, des baisses de taxes par exemple sur les transports en commun, par exemple sur la réparation de vélos ou d’autres modes de déplacement alternatif à la voiture et tout ce qui peut favoriser les comportements qui vont dans le sens de la transition. »

Dans cette tribune, cinq groupes politiques sont représentés, mais pas les députés Les Républicains, LFI ou du Rassemblement national. « [Un retour à la taxe carbone], ce n’est pas très prudent », a commenté le maire de Nice Les Républicains Christian Estrosi sur Public Sénat. Et le centriste Hervé Morin, président des régions de France, de surenchérir :

« Vous imaginez que la première réponse à un mouvement qui est parti de cela soit de réintroduire la taxe ? Là, on va nous dire : ‘Ne vous inquiétez pas, ça va aller à des programmes environnementaux’. Je pense qu’il n’y a pas un Français qui va se dire qu’on va leur écrire cette histoire-là. »


Duval