Taxe carbone: Macron ne veut pas répondre «à la colère» par une «hausse de la fiscalité»

LE SCAN POLITIQUE – Lors du Conseil des ministres, le chef de l’État s’est opposé à de nouvelles taxes proposées au sein de sa majorité.

Emmanuel Macron ne veut pas de taxes en plus… Quitte à être contre une partie de son camp. Depuis quelques jours, plusieurs voix au sein de la majorité se font entendre pour demander le retour d’une taxe carbone qui serait «socialement acceptable». Le calendrier peut surprendre: c’est précisément cette mesure qui a provoqué la colère des «gilets jaunes» mi-novembre – dont quelques milliers occupent toujours les ronds-points. Parallèlement, le ministre de l’Économie Bruno Le Maire a récemment proposé de taxer les plus-values immobilières lors de la revente d’une résidence principale pour les «très gros biens». S’il n’est pas revenu précisément sur ces deux sujets, Emmanuel Macron a mis un sérieux coup d’arrêt aux discussions mercredi lors du Conseil des ministres.

«Le président a souligné que nous étions entrés dans ce moment (des «gilets jaunes»), le 17 novembre dernier, suite à une hausse de la fiscalité et ce n’est sans doute pas par une hausse de la fiscalité qu’on répondra à la colère qui s’est exprimée», a rapporté Benjamin Griveaux. Lors de son point presse à l’issue du conseil, le porte-parole du gouvernement a également fait part de la «conviction» du chef de l’État: «que nous ne sortirons pas d’une crise qui a commencé par un impôt supplémentaire, en en créant un nouveau».

Pour Benjamin Griveaux, il faut que l’exécutif se concentre davantage sur «l’accompagnement» des Français, plus que sur la hausse des taxes. Le porte-parole du gouvernement espère que le «grand débat» apportera des solutions à cette problématique. «Comment on leur permet de pouvoir continuer à bénéficier de mobilités pour pouvoir se rendre sur leur travail, emmener les enfants le matin à l’école, quand on est dans des territoires où on doit faire des kilomètres chaque jour?», a-t-il indiqué. Avant de poursuivre: «Comment est-ce que, au fond, cette transition écologique n’est pas l’ennemie de ceux qui ont des kilomètres à faire chaque jour pour pouvoir exercer leur métier ou simplement vivre dans des territoires un peu reculés. C’est cela que le débat doit permettre de trancher», a-t-il insisté.


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