Quatennens dénonce la "dérive autoritaire" de Macron et le compare à Orban

Il déclare “assumer” la comparaison. Ce mercredi matin, sur l’antenne de BFMTV, le député La France insoumise Adrien Quatennens a dénoncé la “dérive autoritaire” entamée par le gouvernement. Une dérive qui, d’après l’élu du Nord, ressemblerait à celle engagée par le Premier ministre hongrois Viktor Orban il y a quelques années. 

“J’y vois plusieurs ingrédients: d’abord une propagande d’État, absolument envahissante, qui fait qu’on voit une campagne électorale déguisée en grand débat national; (…) ensuite, une répression sans précédente du mouvement” des gilets jaunes, a-t-il fustigé, déplorant les “centaines” de personnes blessées durant les journées de mobilisation. 

Et le député FI de citer, enfin, “les lois liberticides” votées par la majorité, qui “restreignent” selon lui “le droit de manifester”. Avec, à l’esprit, la proposition de loi dite “anti-casseurs” qui émanait à l’origine de la droite sénatoriale et qui a été récemment adoptée, dans une version amendée, par l’Assemblée nationale.

“Gouvernement autoritaire”

La France serait-elle sur le point de basculer dans une forme de dictature?

“Souvenez-vous que M. Viktor Orban, à l’origine, était dans un gouvernement libéral, et quand il s’est retrouvé face à quelques difficultés électorales, (…) il s’est mu en un gouvernement autoritaire”, explique Adrien Quatennens, évoquant ainsi le cas hongrois pour décrire les changements qui guettent le pays.

Pendant une longue période, pourtant, Emmanuel Macron a régulièrement dénoncé les agissements et attitudes du leader populiste hongrois. Au point d’ériger ce dernier, tout comme le ministre de l’Intérieur italien Matteo Salvini, en adversaire politique dans le cadre des élections européennes. Une tactique dont le président français a fait un usage beaucoup plus modéré ces derniers mois.

Manifestation du 16 mars

“Je veux bien assumer la comparaison”, a poursuivi malgré tout le proche de Jean-Luc Mélenchon. Et d’invoquer ensuite l’usage, par le gouvernement, de “moyens de police et de justice” contre des “opposants politiques” et un “journal indépendant” (Mediapart).

Adrien Quatennens a ensuite invité “toutes celles et ceux qui sont attachés aux libertés fondamentales” et à “l’État de droit” à manifester aux côtés des gilets jaunes le 16 mars. Il s’agirait, en théorie, du 18e samedi de mobilisation nationale du mouvement. Reste à savoir s’il perdure jusque-là.