"On n'augmente pas nos tarifs", assure Thierry Laborde, directeur général adjoint de BNP Paribas

Thierry Laborde, directeur général adjoint de BNP Paribas, invité de franceinfo mardi 12 février. 
Thierry Laborde, directeur général adjoint de BNP Paribas, invité de franceinfo mardi 12 février.  (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)

Sous la pression des “gilets jaunes”, puis du gouvernement, les banques se sont engagées à geler cette année leurs tarifs. BNP Paribas, première banque française, est-elle prête maintenant à les baisser ? Thierry Laborde, directeur général adjoint de BNP Paribas, défend ce qui a été fait : “On n’augmente pas nos tarifs. Depuis deux ans, chez nous, ils sont stables”. La banque se rattrapera-t-elle l’an prochain ? “Non, il n’y aura pas de rattrapage en 2020 parce que la concurrence est intense”. Les banques se sont aussi engagées à plafonner leurs frais de rejet pour les clientèles les plus fragiles : “pas plus de vingt-cinq euros par mois”.  

L’UFC-Que Choisir propose d’aller plus loin, en supprimant totalement les commissions touchées par les banques en cas d’incident. Selon l’association de consommateurs, cette mesure rendrait 2,8 milliards d’euros, chaque année, aux Français. La banque BNP Paribas n’y est pas prête : “On ne peut pas donner la prime à la mauvaise gestion”. Pour Thierry Laborde, “la vraie réponse”, c’est d’aider le client à son compte en le prévenant avant un découvert, notamment avec les outils d’alerte numérique.  

Les salaires augmenteront-ils cette année chez BNP Paribas ? Non, il n’y aura pas de hausse générale, affirme Thierry Laborde, malgré les bénéfices réalisés par la banque : “Les négociations sont derrière nous. Nous avons distribué la ‘prime Macron’ au maximum (…) On continue à nourrir l’emploi, à investir pour la suite, en maintenant l’attractivité pour ceux qui investissent dans l’entreprise”.   

Christine Lagarde, directrice générale du FMI, met en garde contre les risques de “tempête” sur l’économie mondiale. Thierry Laborde, lui, “n’y croit pas” : “Il peut y avoir un peu de souffle, mais les comportements de dirigeants d’entreprise restent rationnels (…) Les entreprises ont des projets, et trouvent leur financement (…) La croissance mondiale reste soutenue, même si elle baisse un peu”.

Pour le dirigeant, la plus grande incertitude concerne la guerre commerciale : “Le risque maximal pour moi, explique-t-il, serait que les Américains et les Chinois ne s’entendent pas, mais je n’y crois pas. Un accord bilatéral sera trouvé entre ces grandes puissances”. Quant au Brexit, s’il constitue “un vrai risque pour les entreprises”, il ne menace pas la banque elle-même : “Nous avons très largement anticipé cette évolution (…) Il y a encore beaucoup d’opportunités pour nous au Royaume-Uni”.