Narbonne : séparé depuis 10 ans, il appelle et envoie plus de 1500 SMS à son ex

Plus de dix ans que le mis en cause et la victime ne sont plus ensemble. Séparés depuis 2006 et pourtant… Entre le 11 février et le 25 juillet 2018, cet homme, âgé de 41 ans, envoie plus de 1500 messages à son ex, plus de 700 à son nouveau conjoint et plus de 15 000 à son fils (qui n’a pas porté plainte contre lui mais a coupé le contact avec son père). Il passe des appels téléphoniques aussi, “à n’importe quelle heure du jour et de la nuit”, précisera la présidente Magali Issad, au moment de revenir sur les faits. Quant aux messages, ils sont “inquiétants, parfois menaçants”, indique la magistrate.

Des contacts incessants qui ont entraîné un syndrome anxio-dépressif chez l’ex-compagne, selon le médecin qui a établi le certificat médical suite au dépôt de plainte.Et l’homme n’en est pas à son coup d’essai. Condamné le 22 août par le tribunal correctionnel de Toulouse pour les mêmes délits, il avait écopé d’une composition pénale l’interdisant à entrer en contact avec son ex, pendant 6 mois. Mesure qu’il a respectée, avant que les appels ne reprennent pour un motif assez flou encore.

Des explications saugrenues

“J’ai paniqué face à ces gens”, se justifiera timidement le prévenu, avant d’évoquer la relation compliquée avec son fils. “Il est manipulé par ces deux personnes”, dit-il en pointant du doigt les parties civiles. Et d’accuser le couple d’atteinte à la pudeur pour une histoire de “tags obscènes” sur leur voiture.

Pendant son procès, l’homme appellera plusieurs fois son ex “ma femme”, laissant la lourde impression de ne pas s’être remis de la séparation, malgré ses dires. Seul face aux magistrats et aux parties civiles, n’ayant pas fait appel aux services d’un avocat, le prévenu avouera : “j’ai perdu la tête à un moment donné”.

Détaillé par la présidente, le rapport d’expertise psychiatrique viendra mettre en lumière une “personnalité paranoïaque et rigide”. “Le sujet a l’impression que les autres lui veulent du mal ou veulent lui faire du mal. Il est persuadé d’un complot fomenté contre lui”, indique l’expert qui invoque une “abolition ou altération du discernement”.

Pour la procureure, Aude Molin, le prévenu est “responsable de ses actes”. “Il a parfaitement intégré que le non-respect de la première mesure reconduit devant un tribunal. Et la situation a dû arriver à l’extrême pour qu’il comparaisse devant cette juridiction”, a-t-elle lancé, avant de requérir 12 mois de prison avec sursis, une obligation de soins psychologiques et une interdiction d’entrer en contact avec les victimes.

Supplément d’informations

Face au comportement surprenant et paradoxal du mis en cause et sur la base d’un premier rapport d’expert, le tribunal a ordonné un supplément d’informations dans cette affaire. Le prévenu devra se soumettre à une seconde analyse psychiatrique avant le 5 septembre, date à laquelle il est reconvoqué au tribunal de Narbonne.