Macron à Las Vegas: Havas Paris mis en examen de «recel de favoritisme»

Le montant du voyage effectué par Emmanuel Macron dans le cadre du CES à Las Vegas en 2016, lorsqu’il était encore ministre de l’Économie, s’élevait à environ 300.000 euros. Son organisation a été confiée à Havas Paris sans recourir à la mise en concurrence prévue par le code des marchés publics pour de telles sommes.

L’enquête sur l’organisation du déplacement controversé à Las Vegas effectué en 2016 par Emmanuel Macron lorsqu’il était ministre de l’Économie se poursuit. L’agence Havas Paris a été mise en examen de «recel de favoritisme», révèle ce mardi Le Canard enchaîné. L’information a été confirmée à l’AFP par l’agence de communication. Cette mise en examen avait été requise par le parquet de Paris en novembre. Havas Paris a précisé dans un communiqué avoir déposé un recours en annulation contre cette mise en examen, «afin d’obtenir sa mise hors de cause».

» LIRE AUSSI – Déplacement de Macron à Las Vegas: une information judiciaire ouverte

Ce voyage avait été organisé par l’agence de promotion de l’économie Business France, alors dirigée par l’actuelle ministre du Travail, Muriel Pénicaud, placée sous le statut intermédiaire de témoin assisté dans ce dossier. L’opération de Las Vegas, de quelque 300.000 euros, avait été intégralement confiée à la société de communication sans recourir à la mise en concurrence prévue par le code des marchés publics pour de telles sommes.

Business France et Havas Paris étaient alors liés par un contrat-cadre qui, selon cette dernière, avait pour objet d’«accompagner Business France dans sa démarche de promotion de l’attractivité économique de la France vis-à-vis des décideurs et des prescripteurs d’opinion à l’étranger et en France». «En application de cet accord-cadre, Havas Paris a été chargée d’organiser un événement dans le cadre du CES à Las Vegas, précisément afin de promouvoir l’attractivité économique de la France auprès de décideurs américains», a fait valoir le groupe dans son communiqué.

» LIRE AUSSI – Déplacement de Macron à Las Vegas: le parquet ouvre une enquête

L’affaire avait été révélée en mars 2017: Le Canard enchaîné avait publié un rapport de l’Inspection générale des finances (IGF), dans lequel les enquêteurs disaient s’intéresser à un possible délit de favoritisme visant Business France. Lors de son voyage en 2016, Emmanuel Macron avait été ovationné par plus de 500 personnes dont des dirigeants de start-up françaises. «Cette opération de séduction, montée dans l’urgence, à la demande expresse du cabinet du ministre, a été confiée au géant Havas par Business France (l’organisme de promotion de la French Tech dépendant de Bercy) sans qu’aucun appel d’offres ait été lancé», avait écrit l’hebdomadaire satirique.