Les Etats-Unis menacent les pays qui travaillent avec le chinois Huawei

L’offensive américaine contre Huawei prend de l’ampleur. En visite lundi à Budapest, en Hongrie, Mike Pompeo a mis en garde les pays qui signent des accords avec l’équipementier chinois de télécommunications. “Si un équipement est implanté là où nous avons d’importants systèmes américains, il est plus difficile pour nous de collaborer” avec les pays concernés, a-t-il souligné en référence à l’entreprise chinoise.

Ses propos intervenaient moins d’une semaine après une tournée en Europe de hauts responsables américains, destinée à demander aux gouvernements européens de renoncer à utiliser les équipements 5G du géant des télécoms.

Huawei est jugé plus performant que ses concurrents sur la 5G, mais ses équipements sont soupçonnés par certains pays occidentaux de permettre au renseignement chinois d’espionner les communications des pays qui les utiliseraient.

Au cours de l’année dernière, plusieurs pays dont l’Australie, la Nouvelle-Zélande et les États-Unis ont interdit à la firme chinoise de participer au déploiement de la 5G. En décembre au Royaume-Uni, le premier opérateur mobile BT a annoncé qu’il retirerait l’équipement estampillé Huawei des réseaux 3G et 4G, déjà en service.

Huawei a toujours rejeté ces accusations. Pour sa part, la Chine a dénoncé mardi les accusations “sans fondement” des Etats-Unis, fustigeant les “menaces” du secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo lors d’une visite en Hongrie.

“Depuis un petit moment déjà, les États-Unis ne ménagent aucun effort et inventent sans scrupules toutes sortes d’accusations sans fondement”, a déclaré Hua Chunying, la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères. “Et cela au point désormais d’ouvertement menacer et vouloir provoquer des dissensions dans les relations entre la Chine et les autres pays”, a-t-elle affirmé lors d’une conférence de presse.

Huawei est présent dans plus de 170 pays dont l’Algérie, où il vend ses smartphones et travaille beaucoup avec Algérie Télécom et le ministère de la Poste et des Technologies de l’information et de la communication. Mais pas seulement : Huawei va par exemple construire le futur data-center des Douanes algériennes.