La consommation chinoise devrait à nouveau ralentir en 2019

Malgré les incitations fiscales en faveur des entreprises et de l’investissement prises par Pékin pour stimuler une croissance ralentie en 2018, la Chine compte beaucoup sur l’appétit de ses consommateurs pour maintenir son activité économique. Mais les perspectives 2019 ne sont pas rassurantes.

« Les pressions sur le marché de la consommation vont s’intensifier et la croissance de la consommation ralentira encore très vraisemblablement », a indiqué Wang Bin, un haut fonctionnaire du ministère du Commerce, à la presse.

Le tassement subi par les ventes au détail en 2018 (+9 %, à son plus faible niveau depuis 15 ans) – s’explique par une faiblesse « ponctuelle » des ventes d’automobiles et du marché immobilier, alors que d’autres catégories continuent d’enregistrer une croissance « relativement normale », a ajouté Wang.

Les ventes du premier marché automobile mondial ont diminué pour la première fois depuis les années 90.

La croissance des ventes au détail des biens (les services sont exclus des chiffres officiels) – durant les fêtes du Nouvel An chinois n’a jamais été aussi basse depuis 2011 au moins, attestant d’une certaine prudence de la part du consommateur dans un contexte de fléchissement de la croissance.

Mais il n’y a pas lieu d’être exagérément pessimiste pour la distribution, a fait valoir Wang, mettant en avant les mesures prises par le gouvernement pour atténuer le coup de mou de l’économie.

De fait, le luxe semble être épargné par le ralentissement généralisé du secteur de la distribution.

La demande chinoise a ainsi permis à L’Oréal ou encore à Estée Lauder de réaliser un chiffre d’affaires supérieur au consensus au quatrième trimestre, tandis qu’Hermès a observé que la dynamique commerciale de ses boutiques chinoises était restée soutenue durant le dernier trimestre sous revue.

« Les Chinois riches continueront d’assouvir leurs goûts de luxe cette année compte tenu en particulier d’une forte hausse du pouvoir d’achat des générations les plus jeunes », jugeait China Daily mardi, à l’appui d’une étude du consultant Ruder Finn and Consumer Search Group.

Mais l’économie chinoise devrait d’abord trouver le salut de sa croissance dans la capacité ou non de Pékin à parvenir à éviter davantage de sanctions américaines sur ses importations.

L’activité du pays a accusé un bon ralentissement peu de temps après l’instauration, par Washington, de barrières douanières conséquentes, qui ont d’abord porté sur 34 milliards de dollars de biens chinois en juillet 2018, puis 16 milliards de dollars de marchandises supplémentaires en août, et, enfin, 200 milliards de plus à la fin du mois de septembre.

En conflit commercial avec les Etats-Unis depuis près de 20 mois, la Chine a engagé une série de pourparlers avec une délégation américaine depuis début janvier afin de parvenir à déminer une situation difficilement devenue difficilement tenable pour ses échanges commerciaux.

En « trêve » jusqu’au 2 mars prochain, Washington et Pékin ont engagé cette semaine le 3e volet de leurs négociations. Mais la principale pierre d’achoppement de ces discussions – qui porte sur les questions de transfert de technologie et de propriété intellectuelle – représente des enjeux éminemment stratégiques pour le développement international de la Chine.

Après une première journée de discussions hier, les délégations des représentants américains et chinois au Commerce reprendront les négociations jeudi 14 et vendredi 15 février.

Les deux camps ont fait part de leur optimisme sur l’issue de cette nouvelle réunion dès lundi. Le ministère chinois des Affaires étrangères a déclaré espérer un « bon résultat », tout comme la conseillère à la Maison blanche Kellyanne Conway.