La classe biberon du Real Madrid entame sa "scolarité"

Parfois, les choses vont très vite en football. Au fond du trou mi-octobre (9e de Liga), le Real a entamé sa mue depuis le limogeage de Lopetegui et la nomination de Santiago Solari. L’ancien défenseur de la maison, nouveau maître à bord du navire madrilène, a une ligne de conduite bien précise : faire jouer les jeunes. Et cela semble marcher, même si du côté des plus anciens, ses choix font grincer des dents.

Marcelo râle, la jeune garde détonne

Samedi, au terme d’un âpre combat, le Real Madrid est venu à bout du frère ennemi, l’Atletico (1-3). Tous les Merengue avaient le sourire, le sentiment du devoir accompli. Tous sauf un, Marcelo. Cloué sur le banc tout le match, il rongeait son frein, perplexe. Depuis l’avènement de Solari, ce n’est pas la première fois que le Brésilien, en méforme, est évincé de l’équipe-type. Un camouflet pour le latéral, titulaire indiscutable et fer de lance de l’équipe depuis son arrivée en 2007.

Sous Solari, les anciens protégés ne le sont plus, chaque joueur doit faire ses preuves. On repart de zéro. Star d’un jour, sur le banc le lendemain. Marcelo mais également Asensio, Bale ou Isco en ont fait les frais récemment. Le dernier nommé s’en est même plaint publiquement. Signe que les choix tactiques de Solari ne sont pas (encore) acceptés par tout le monde. Même si ce n’est pas forcément dans l’ADN de la Maison blanche, adepte des transferts pompeux, les jeunes du cru ont, eux, entamé leur prise de pouvoir. Sergio Reguilon (22 ans), Dani Ceballos (22 ans), Fede Valverde (20 ans) et Alvaro Odriozola (23 ans) ont tous eu l’occasion de se mettre en évidence cette saison. “Cela s’impose dans un effectif aussi expérimenté. C’est délicat mais nous devons le faire” avance Solari. Une décision délicate, certes, mais payante. Si le Real va mieux, c’est aussi grâce aux jeunes et à l’alchimie qu’ils ont pu développer avec certains joueurs confirmés, Ramos et Benzema en tête.

Vinicius, le leader d’une classe biberon aux dents longues

Et s’il n’y avait qu’un seul nom à retenir parmi tous ces jeunes, ce serait Vinicius Junior. Débarqué à Madrid avec une solide pancarte de pépite mondiale sur le dos, il devait être amené à prendre le pouvoir dans…quelques années. Au final, sa montée en puissance s’est avérée plus rapide que prévue.  Après six mois seulement, le Brésilien de 18 ans est un titulaire quasi-indiscutable. ” Quand un gamin de bientôt 19 ans joue et se démarque de cette manière, cela surprend un peu tout le monde ” a sobrement constaté Solari. Par sa vision du jeu, sa percussion et son insouciance, il a su reléguer un Gareth Bale erratique sur le banc. Le Gallois, piqué à vif, s’est démené pour inscrire un but lors de sa montée le weekend dernier. Preuve que la présence de Vinicius l’inquiète tout de même.

Quels objectifs pour le Real en fin de saison ?

Aujourd’hui, le Real Madrid reste sur cinq victoires consécutives en Liga. Le club ne pointe plus qu’à six points du Barça, solide leader. Toujours qualifiés en Ligue des champions (ils affronteront l’Ajax en 8e de finale) et bien partis en coupe d’Espagne (2-2 à Barcelone lors du match aller), les Merengue peuvent rêver de grandes choses. Avec un Sergio Ramos plus décisif que jamais, un Karim Benzema dans la forme de sa vie et une jeune garde qui montre le bout de son nez, le Real dispose d’un noyau dense et complet. Après plusieurs mois, le spectre de Cristiano Ronaldo semble enfin avoir disparu.

La finale de la coupe aux grandes oreilles se déroulera…à Madrid fin juin. Pourquoi ne pas espérer un 4e sacre consécutif ? Pour cela, il faudra veiller à ce que le remue-ménage perpétré par Solari au sein du noyau ne crée pas plus de tensions. Garder l’alchimie actuelle parait difficile mais pas insurmontable.

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