La Belgique frappée par une grève générale sur les salaires

Fermée pour cause de ras-le-bol général. La Belgique a tourné au ralenti mercredi après le succès de l’appel à la grève, sur les salaires, lancé par les trois grands syndicats du pays. Le mouvement a beaucoup touché les administrations et les services publics mais a aussi pris dans le privé, en Flandre comme en Wallonie. Dans la métallurgie et le textile, les syndicats évoquent même « du jamais-vu ». La chimie était aussi très touchée. Les transports ont été fortement perturbés, avec un train sur deux à l’arrêt en dépit d’un dispositif de service minimal. Première en Belgique,  l’espace aérien a même été fermé toute la journée aux vols commerciaux.

La dernière grève générale en Belgique remontait à 2014.  En écho aux « gilets jaunes » en France (qui en profitent pour tenter de se relancer au Plat pays), son succès témoigne du malaise de nombreux travailleurs dans un pays frappé par la crise et la désindustrialisation cette dernière décennie, mais en voie de redressement. La croissance s’y est limitée à 1,4 % en 2018 mais le taux de chômage y est retombé sous 6 %, un point bas historique.

Des hausses encadrées

Les syndicats (FGTB, CSC et CGSLB) réclament une hausse des salaires et des retraites dans le cadre des négociations interprofessionnelles qui viennent de débuter. Ils dénoncent une réforme du gouvernement Michel, qui encadre les discussions en fixant une hausse maximale afin d’éviter, au nom de la compétitivité, un dérapage par rapport aux voisins français et néerlandais. Elle a été fixée en janvier à 0,8 % pour 2019 puis 2020. Les syndicats espéraient le double. « On veut dire aux employeurs : « On en a marre que vous gardiez tout le pognon » et aux politiques qu’ils doivent entendre les travailleurs », a expliqué à la RTBF Robert Vertenueil, leader de la FGTB.

Le patronat reste ferme

Le Premier ministre, Charles Michel, a déploré une « grève qui ne résout rien » et appelé les partenaires sociaux à reprendre les discussions dès ce jeudi. Il a affirmé qu’avec l’indexation automatique des salaires à l’inflation en vigueur en Belgique, « cela nous donne une hausse salariale effective de 4,6 % ». Il a défendu son action en rappelant la création de 219.000 emplois ces quatre dernières années. Pieter Timmermans, leader du patronat belge (FEB), a lui aussi mis en avant les efforts déployés sur l’emploi et jugé que « les syndicats sont partis en grève sans avoir négocié ».

Flou politique

Ces tensions interviennent dans un contexte de grand flou politique, la coalition gouvernementale ne disposant plus de majorité parlementaire depuis le départ en décembre de la N-VA, le parti nationaliste flamand. Les syndicats menacent de nouvelles actions d’ici aux élections fédérales, fin mai.