Fukushima : un robot va être envoyé au cœur d'un réacteur pour "toucher" le combustible fondu

Jusque-là, les investigations s’étaient contentées d’observations lointaines à l’aide de caméras. Tepco souhaite désormais réaliser un contrôle tactile de débris d’un niveau de radioactivité exceptionnel.

La centrale de Fukushima, au Japon, le 27 juillet 2018. ( POOL/AFP / KIMIMASA MAYAMA )

La compagnie d’électricité japonaise Tepco a commencé mercredi 13 février une opération inédite dans la centrale ravagée de Fukushima. Un robot va être envoyé dans les entrailles d’un des réacteurs pouy y “toucher” le combustible fondu, pour la première fois.

“L’opération a débuté vers 07H00 locales (mardi 22H00 GMT) et doit durer environ cinq heures. Pour le moment, aucun problème n’a été rapporté”, a affirmé à l’AFP une porte-parole de Tokyo Electric Power (Tepco).

UN NIVEAU DE RADIOACTIVITÉ “EXCEPTIONNEL”

Ce travail est réalisé dans le réacteur 2, l’un des trois dans lesquels le combustible a fondu. De précédentes investigations avaient été réalisées dans l’enceinte de confinement dans laquelle s’est échoué le combustible, mais uniquement des observations distantes avec caméras et robots. Cela avait permis de repérer une partie du combustible fondu. C’est le retrait de ces “débris”, d’un niveau de radioactivité exceptionnelle, qui constituera la tâche la plus ardue du démantèlement de ces installations mises en péril il y a bientôt huit ans, le 11 mars 2011, par un gigantesque tsunami sur la côte nord-est du Japon.

“Cette fois, c’est un contrôle tactile”, a expliqué Tepco dans une présentation mise en ligne. Un robot amélioré, conçu par Toshiba, va aller toucher ce combustible. La partie qui ira au contact des débris ressemble à un gros flotteur au bout d’un câble qui va descendre au-dessus du combustible en étant télécommandé depuis une salle de contrôle. Cet engin est équipé d’un système de mesure de radiations, d’un thermomètre, d’une caméra et d’un éclairage.

TROIS CŒURS DE RÉACTEURS FONDUS

“Nous ne ferons cette fois pas de prélèvement”, a précisé un responsable de Tepco dans une vidéo sur le site internet de la compagnie. “Si nous parvenons par exemple à évaluer la dureté et d’autres caractéristiques de ces débris, ce seront des informations très utiles pour préparer les opérations d’extraction”, a-t-il ajouté.

Les cœurs des réacteurs 1 à 3 ont fondu au moment de l’accident et doivent être refroidis en permanence. L’exploitant Tepco est toujours en train d’étudier les moyens nécessaires pour en extirper le combustible. Cette opération ne débutera pas au mieux avant 2021 dans une première tranche, et Tepco a en outre bien d’autres casse-tête à résoudre, dont celui des quantités massives d’eau en partie contaminée stockées dans des citernes installées sur le site.

L’accident de Fukushima, le pire depuis celui de Tchernobyl (Ukraine) en 1986, a provoqué l’évacuation de dizaines de milliers de personnes, dont beaucoup ne peuvent ou ne veulent pas revenir à cause des radiations. Une partie de la zone est pour des décennies au moins inhabitable.