«Fanny et Alexandre», un conte de Noël pour acteurs enjoués et ogre féroce

«Fanny et Alexandre», un conte de Noël pour acteurs enjoués et ogre féroce
Thierry Hancisse, Elsa Lepoivre, Rebecca Marder et Jean Chevalier dans «Fanny et Alexandre», le 29 janvier, à la Comédie-Française, à Paris. Brigitte Enguérand, coll. Comédie-Française

Julie Deliquet réussit la transposition sur scène du très grand film d’Ingmar Bergman en superposant la troupe de la Comédie-Française et la famille Ekdahl, de joie à cauchemar. Formidable!

Est-ce Oscar Ekdahl qui surgit devant nous, costumé en saint Joseph, et nous demande un peu d’attention? Ou est-ce plutôt Denis Podalydès, l’un des plus prestigieux sociétaires de la Comédie-Française, qui s’adresse à nous, qui nous dit: «Cher public»?

D’entrée la très intelligente Julie Deliquet installe l’ambiguïté sur laquelle elle établit solidement le formidable spectacle dont elle signe l’adaptation. Elle a compris que pour porter à la scène ce chef-d’œuvre de film qu’est Fanny et Alexandre, qu’Ingmar Bergman, rappelons-le, avait pensé comme son œuvre ultime, en 1982, il fallait qu’elle s’appuie sur le fait que les personnages évoqués appartiennent presque tous au monde du théâtre, que le théâtre même est l’un des «personnages» les plus importants du roman-scénario et du film composés par le cinéaste suédois, comme de la version longue construite pour la télévision.

Et que c’est au cœur de la plus prestigieuse troupe qui soit qu’elle travaille, dans un décor …

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