Des étudiants caennais ont fait leur grand débat

Caen, France

Le “grand débat national” voulu par l’exécutif s’est retrouvé dans la voix des étudiants caennais ce mardi après-midi à l’université. À l’origine, trois jeunes homme âgés de 18 à 20 ans, Lucas Hardelay, Stanislas Guérin-Wallner et Charles Briquet, tous trois étudiants en droit ou en école de commerce. “Un grand débat pour les étudiants et par les étudiants” expliquent-ils, déçus de voir si peu de jeunes au débat organisé notamment par la ville de Caen.  Une cinquantaine de jeunes gens étaient présents, sur les cent places de l’amphithéâtre.

“J’ai pu parler sans stress”

Un débat d’abord perturbé par quelques étudiants qui s’y sont opposés à coups de casseroles et de tambours. Les organisateurs leur ont proposé d’entrer, mais ils ont refusé. Difficile de s’entendre à l’intérieur de l’amphithéâtre mais les mains se sont vite levées pour parler surtout de sujets liés au études : inégalités sociales, orientation, frais d’inscription pour les étudiants étrangers et français… tous ces thèmes ont poussé Mathilde, en première année d’études numérique, à participer, “parce que ça touche vraiment les étudiants, alors qu’on ne nous donne pas toujours la parole, qu’on ne nous écoute pas toujours. Au début je n’osais pas prendre la parole, mais voir que nous étions entre nous m’a déstressée, j’ai pu parler d’un sujet qui me tient à cœur : la sensibilisation à l’orientation” raconte Mathilde. Elle en est sûre, elle n’aurait pas pu en parler lors d’un débat “au milieu d’adultes, ou de personnes avec plus de connaissances, plus ancrées dans le monde du travail par exemple“. 

“C’était un vrai débat”

Au dernier rang, le maire de Caen Joël Bruneau écoute avec  attention. Les trois organisateurs avaient prévenus, les étudiants aussi ont leur mot à dire sur la fiscalité ou les services publics les thèmes plus “officiels” de ce grand débat national. Certains ont exprimé leur refus de voir certains services publics de plus en plus privatisés, d’autres ont contraire demandaient plus de privatisation.

Face à eux, en bas des gradins, Gilles Armand, un magistrat, maître de conférence à l’université de Caen, était chargé de distribuer la parole et de restituer les propositions. “L’exercice n’est pas évident” estime-t-il, “parce qu’il faut à la fois donner la parole aux différents intervenants, maîtriser les temps de parole, vérifier qu’il  y ait une bonne restitution des propositions. Je pense que l’on a eu des débats riches, de qualité, dans le respect : un vrai débat“.  

À la sortie, Lara, représentante du syndicat étudiant l’UNEF à l’université de Caen est plutôt satisfaite de cette première : “j’ai trouvé cela intéressant puisque l’on prône la démocratie à travers ce grand débat et j’ai voulu voir si c’était vrai. Quelles que soient les mobilisations, ça fait plusieurs années que les étudiants et les étudiantes ne sont plus entendus. Si Monsieur Macron veut prôner la démocratie, qu’il nous écoute et nous verront ce qu’il en retient“. 

La synthèse sera publiée dès jeudi 14 février sur le site du grand débat, elle sera même remise en mains propres ce vendredi 15 février au préfet et au recteur : quinze étudiants présents à ce débat de l’université sont d’ailleurs conviés, ils pourront de nouveau débattre. Les trois organisateurs ont déjà prévu d’organiser un deuxième débat d’étudiants, dans les prochaines semaines.