Contre les Gilets jaunes, le gouvernement instrumentalise la hausse des actes antisémites

Crédit photo : Jacques Demarthon / AFP

C’est à la une de nombreux médias : les actes antisémites connaissent une hausse importante, et pour certaines personnalités politiques et médiatiques, cela ne serait pas étranger au mouvement des Gilets Jaunes.

Le mot Juden (« juif » en allemand) tagué sur la devanture d’un restaurant Bagelstein ; des croix gammées recouvrant les portraits de Simone Veil sur une boîte aux lettres, les arbres plantés en hommage à Ilan Halimi – jeune homme de confession juive torturé à mort en 2006 – sciés… Autant d’actes de haine ignobles qui sont loin d’être passés inaperçus ces derniers jours.

Le gouvernement évoque une recrudescence des actes antisémites de 75 % en 2018. Un état de fait qu’il s’agit évidemment de condamner et de combattre, mais que le gouvernement n’a pas hésité à instrumentaliser pour incriminer les Gilets Jaunes et pour semer la confusion.

L’affaire autour du mot « Juden » tagué en lettres jaunes et découvert au matin de l’Acte XIII sur la vitrine du Bagelstein est en ce sens édifiante. Les porte-paroles du gouvernement, de Benjamin Griveaux à Christophe Castaner, se sont empressés de le dénoncer, aux même titre que les « dégradations » commises par les Gilets Jaunes ce jour-là.

Pourtant, le gérant du magasin en personne a déclaré qu’il « ne pense pas que ce soit des gilets jaunes » puisque le tag a été vu au matin et donc sûrement fait la nuit de vendredi à samedi, et que par ailleurs s’ils « ont écrit ça en jaune […] ça peut être pour l’étoile de David ». Mais loin de rétropédaler, le gouvernement et les médias en ont fait leurs choux gras, amalgamant copieusement Gilets Jaunes et actes antisémites.

Après la rengaine des Gilets jaunes tous dieudonnistes, le gouvernement instrumentalise une nouvelle fois l’antisémitisme et la recrudescence de ces actes, bien aidé par ses relais médiatiques, en faisant un amalgame quasi-généralisé entre la hausse bien réelle des actes antisémites et le mouvement des Gilets jaunes. L’objectif est toujours le même : tenter de retourner l’opinion publique toujours largement en faveur des Gilets jaunes avec plus de 65 % d’opinion favorable.

Et loin de s’en contenter, les chiens de garde du gouvernement profitent également de la brèche qui s’est ouverte pour renvoyer dos à dos l’extrême-droite soralienne et la gauche antisionniste. Emmanuel Macron lui-même déclarait peu après son élection, aux côtés du bourreau Netanyahou : « Nous ne céderons rien à l’antisionisme car il est LA forme réinventée de l’antisémitisme. » Comme si dénoncer les crimes atroces commis par l’État israélien revenait à haïr les juifs.

Ainsi, s’il est absolument nécessaire de condamner et combattre fermement les actes antisémites, comme l’ensemble des actes racistes commis récemment, il est tout aussi nécessaire de lutter contre le gouvernement de Macron et ses relais médiatiques qui instrumentalisent ces éléments pour justifier la répression brutale, tout aussi violente, qui s’abat sur tous ceux qui, comme les Gilets jaunes, osent relever la tête et faire entendre une voix dissidente.

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