BPCE met la main sur la filiale bancaire d'Auchan, Oney Bank

BPCE n’ira pas à l’international avec sa banque en ligne allemande Fidor acquise à cette fin en 2016 – mais avec…  Oney Bank . Mardi, le groupe bancaire a annoncé son projet d’acquisition de 50,1 % de la filiale de services financiers d’Auchan. « Oney deviendra la banque digitale de proximité du groupe à l’international et bénéficiera des expertises des Caisses d’Epargne et des Banques Populaires pour se développer », a expliqué Laurent Mignon, qui préside le directoire du groupe BPCE. L’opération devrait être finalisée d’ici à l’été.

Le montant de l’acquisition n’a pas été dévoilé. Récemment, le site espagnol Bolsamania avait évoqué une valorisation de 500 millions d’euros pour l’ensemble de la filiale d’Auchan, convoitée également par Santander. Au global, cette transaction aura un impact de 15 points de base sur le ratio de fonds propres CET1 de BPCE (15,5 % à fin 2018).

Présent dans onze pays

Pour BPCE, cette opération vise surtout à accélérer son développement européen en banque de détail. Oney Bank est présent dans 11 pays et propose notamment des offres de crédit à la consommation sur lieu de vente à ses 7,6 millions de clients. « Ce n’est pas le cas des  Caisses d’Epargne et des Banques Populaires. Leurs offres sont complémentaires. Notre groupe va aider Oney à se développer notamment dans les cartes et les comptes courants. Tout cela sera prêt en 2020 », détaille encore Laurent Mignon. En parallèle, le groupe veut accélérer la vente de sa banque en ligne Fidor : « On pourra avoir assez vite avec des réponses sur l’avenir de Fidor », indique Laurent Mignon.

Oney Bank était à la recherche d’un partenaire pour soutenir son développement international depuis plusieurs mois. De fait, Auchan Holding – en pertes au premier semestre 2018 – a des difficultés notamment dans ses hypermarchés en France. « La famille Mulliez [actionnaire d’Auchan Holding, NDLR], est très heureuse d’annoncer ce projet d’alliance avec le Groupe BPCE avec lequel nous partageons […] une vision long terme », a expliqué de son côté Oney Bank.

Performances contrastées

Sur le front de ses comptes, BPCE affiche des revenus en légère hausse de (1,2 %) à 24 milliards d’euros en 2018. Dans un contexte de taux bas, le groupe est parvenu à maintenir son bénéfice net à 3,026 milliards d’euros sur l’année, soit peu ou prou le niveau atteint en 2017. Les performances de ses réseaux sont toutefois contrastées.

Les Caisses d’Epargne, davantage touchées par les niveaux des taux d’intérêt dans la mesure où elles concentrent des stocks important d’épargne réglementée, affichent un résultat brut d’exploitation en baisse de 4,9 %, à 2,319 milliards d’euros. Les Banques Populaires s’en sortent mieux avec un résultat brut d’exploitation en progression de 3,6 %, à 2,102 milliards d’euros.

Chez Natixis , la perte sur les marchés en Asie a aussi pesé : son bénéficie net a été divisé par deux au quatrième trimestre, à 252 millions d’euros. Sur l’année, il recule de 6 %, à 1,577 milliard d’euros.