Tony Parker retrouve San Antonio

Tony Parker fait l’unanimité partout où il passe : à Charlotte, sa nouvelle équipe depuis juillet, et à San Antonio qui le révère toujours et où il jouera la nuit prochaine son premier match sous un autre maillot que celui des Spurs.

C’est l’un des matches de la saison régulière 2018-19, sinon «LE» match, que beaucoup de supporteurs de San Antonio attendaient avec le plus d’impatience.

«TP», l’un des membres du légendaire «Big 3» qu’il formait avec Tim Duncan et Manu Ginobili, revient à la maison.

Bien loin de l’accueil houleux réservé il y a dix jours à Kawhi Leonard, parti pour leur plus grande colère l’été dernier à Toronto, les supporteurs des Spurs vont fêter leur ancien N.9.

Ce retour à l’AT&T Center sera forcément émouvant pour Parker, quadruple champion NBA, sélectionné six fois pour le All Star Game et MVP de la finale 2007 lors de ses 17 saisons (2001-18) avec les Spurs.

Mais l’ancien international français a soigneusement évité d’aborder le sujet en public dans les jours précédents ce match dans la ville qui l’a vu devenir star de la NBA et où sa femme et leurs deux enfants vivent toujours.

«Un fils, un ami pour la vie»

Son entraîneur à Charlotte James Borrego, lui même ancien de la maison Spurs, n’en doute pas une seconde : «Cela va être un moment émouvant, ce retour va être unique, il est impatient de retourner là-bas et de voir des gens avec qui on a noué des liens profonds», a-t-il expliqué.

Parker, 36 ans, va notamment croiser Gregg Popovich, l’emblématique entraîneur de San Antonio, qui l’a présenté jeudi dernier comme «un fils», «un ami pour la vie».

«Le voir sous un autre maillot fait un peu mal au cœur, mais il est dans une bonne situation. Il fait du bon boulot et réalise une bonne saison. Il est heureux, et tant qu’il l’est, je le suis», a noté «Pop».

Alors qu’il avait perdu son statut de titulaire à San Antonio et voyait son rôle et son temps de jeu diminuer, Parker, en fin de contrat avec les Spurs, a décidé l’été dernier à 36 ans de relever un dernier défi.

A Charlotte, franchise dont le propriétaire est l’idole de sa jeunesse Michael Jordan, il s’est rapidement imposé et a donné de la crédibilité à une équipe sans palmarès, actuellement 8e de la conférence Est (19 v-23 d).

Le grand frère

Cela se mesure à ses statistiques (9,4 points et 3,8 passes décisives par match pour 18,5 minutes de jeu) et surtout à l’estime que lui portent ses nouveaux coéquipiers.

A commencer par la star des Hornets, Kemba Walker : «Il sait ce qu’il faut faire pour gagner, il a apporté une attitude de winner, on a besoin d’un leader, surtout dans un groupe jeune», a-t-il insisté.

«J’apprends au quotidien à son contact», a assuré le meneur titulaire de Charlotte.

Son compatriote et grand ami Nicolas Batum est, sans surprise, admiratif.

«Il apporte la maturité, le leadership, l’expérience, la sérénité, le respect aussi, car il a vécu des choses qu’on n’a pas vécu, c’est un grand frère pour tout le monde», a-t-il détaillé.

Son entraîneur qui l’a cotoyé pendant dix ans à San Antonio où il a été adjoint de 2003 à 2010 et de 2015 à 2018, ne tarit pas d’éloges.

«Il nous aide beaucoup, que ce soit sur le terrain et en dehors, en particulier durant le 4e quart-temps quand la victoire est en jeu. Il est calme et il nous donne de l’aplomb, il réussit des paniers importants», a énuméré Borrego.

«Il est super, il est tout ce que j’attendais de lui et même plus», a-t-il conclu.