Peut-on débattre sans limites ?

Le lancement d'un "grand débat national" voulu par Emmanuel Macron interroge autant sur les thèmes que sur les modalités de ce débat.
Le lancement d’un “grand débat national” voulu par Emmanuel Macron interroge autant sur les thèmes que sur les modalités de ce débat. •
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“Pour moi, il n’y a pas de questions interdites. Nous ne serons pas d’accord sur tout, c’est normal, c’est la démocratie. Mais au moins montrerons-nous que nous sommes un peuple qui n’a pas peur de parler, d’échanger, de débattre”

C’est ce qu’écrit Emmanuel Macron aux Françaises et aux Français, dans la lettre de cadrage du grand débat national qui doit débuter demain. Pas de questions interdites donc. Pour autant, et on peut y voir une contradiction, ce débat ne sera pas ouvert à tous les vents.

Quatre sujets ont été définis, des questions sont proposées par le chef de l’Etat, et des limites sont fixées : pas question par exemple de revenir sur des lois votées sous le quinquennat. Ni sous le précédent d’ailleurs, s’agissant de la loi sur le mariage pour tous. Son abrogation arrive pourtant au premier rang des revendications de la consultation lancée, en parallèle et en amont du grand débat, par le CESE, le Conseil économique, social et environnemental.

Ce résultat (la demande d’abrogation de la loi Taubira) démontre la capacité qu’ont certains groupes de pression à s’organiser, et à privatiser les débats. Mais il interroge plus largement sur ce que doit être un débat : son objectif, son contenu et ses participants.

“Peut-on débattre sans limites ?”

Gilets jaunes, un grand débat national semé d’embûches : par Mikael Corre pour La Croix, le 09/01/2019.

Un débat ouvert, mais pas à tous les vents : par Laure Equy et Rachid Laïreche pour Libération, le 09/01/2019.

RIC, pourquoi pas ? Chouard, non merci : par Daniel Schneidermann pour Arrêt sur images, le 19/12/2018.