Open d'Australie : Andy Murray a tout donné face à Roberto Bautista Agut

Avec la standing-ovation fort bruyante qui l’attendait à son entrée sur la Melbourne Arena, Andy Murray a pu mesurer que sa cote de popularité, contrairement à sa condition physique, était au zénith. Depuis que le Britannique a annoncé qu’il allait mettre un terme à sa carrière cette année et que cet Open d’Australie risquait même d’être son tout dernier tournoi, tant sa hanche le fait encore souffrir malgré l’intervention chirurgicale subie en 2018, son premier tour avait pris une dimension inattendue de blockbuster. Allait-il pouvoir défendre ses chances normalement face à l’un des joueurs les plus redoutables de ce début de saison, Roberto Bautista Agut ?

Le film du match

C’est plutôt l’Espagnol, tombeur de Djokovic à Doha il y a deux semaines, qui a pris le jeu à son compte d’entrée. L’Ecossais s’est placé en mode résistance, au point de se procurer la première balle de break du match, à 4-3. Son revers dans le filet allait lui coûter cher puisque c’est lui qui cédait son engagement au jeu suivant, et le set dans la foulée. Extrêmement efficace au service, pas si contraint en apparence sur la plupart de ses déplacements, il obtint une nouvelle balle de break au début du deuxième set, qui lui aurait permis de mener 2-0. Manquée également.

Le tableau

Après 1h11 de match, Bautista avait accompli la moitié du chemin (6-4, 3-2, break) tandis que Murray cravachait, s’accrochait mais avait du mal à avoir le dernier mot face à un joueur au top de ses moyens physiques et de sa confiance. Le temps ne jouant évidemment pas en faveur de l’ex numéro un mondial, son body language s’en ressentit petit à petit. Revers et service le maintenaient plus ou moins à flot mais les grimaces et les fins de courses tronquées ont commencé à se multiplier. Après une heure et demie, sa cause semblait entendue (6-4, 6-4).

La rage de Murray à un changement de côte. (P.Lahalle/L'Equipe)
La rage de Murray à un changement de côte. (P.Lahalle/L’Equipe)

Une baston de 4h09

Dans la troisième manche, le break est d’ailleurs arrivé encore plus tôt, dès le troisième jeu. Avec les moyens du bord, impossible, apparemment, de briser le roc qu’est pour l’instant Bautista. Sauf que Murray ne pouvait pas baisser les bras sans rébellion. Il s’est montré un peu plus pressant et a réussi à débreaker à l’issue d’un très gros échange, conclu par une amortie enchaînée d’un passing glissé long de ligne en revers coupé (3-3). Sir Andy a alors levé les bras et appelé la foule à manifester, histoire aussi de gagner quelques secondes de récupération. Après une balle de set manquée à 5-4, il est allé chercher la manche au courage, aidé de grosses premières balles, au terme d’un tie-break contrôlé.

Le quatrième set est resté très équilibré, sans la moindre occasion pour les relanceurs. Et Murray n’a pas lâché son os lors du deuxième tie-break. Deux manches partout ! La nuit s’avançait, le public était en transe mais l’Ecossais n’avait plus de carburant. Un peu tendu dans les tie-breaks, Bautista n’a pas craqué mentalement au cinquième, à 23 heures passées (6-4, 6-4, 6-7, 6-7, 6-2 en 4h09). Andy Murray, cinq fois finaliste à Melbourne, a forcé l’admiration ce lundi, mais il ne remportera jamais l’Open d’Australie. Où le reverra-t-on désormais ? Et dans quel état ?

J.Re.