Michèle Bernier : "Il faut qu'on soit des mutants et non pas des gens qui restent sur leur passé"

INTERVIEW

Elle se moque des modes, des hommes et des stilettos, chante, danse. Le tout dans son nouveau one woman show, Vive demain !, dès le 17 janvier au Théâtre des Variétés, à Paris. Pour le présenter, Michèle Bernier était l’invitée du Grand journal du soir – week-end de Philippe Vandel.

Grand-mère. L’humoriste a voulu tordre le cou au climat morose. “L’idée de départ, c’est qu’on en a un petit peu marre d’entendre ‘C’était mieux avant’. On avait la sensation que c’était un concept qui empêchait d’avancer, qui nous mettait de l’aigreur au cœur.” Alors l’humoriste s’est mise en tête de faire un spectacle “optimiste”. Et le fait qu’elle soit devenue grand-mère n’y est pas pour rien : “Je n’ai pas envie de dire à mes petits-enfants que c’est fini, que le monde est tellement pourri qu’on en fera plus rien. J’ai envie d’espoir.”

“On ne parle qu’à des machines”. Alors, Michèle Bernier se moque. D’elle-même aussi, qui a passé la barre des 60 ans et qui se dépeint comme larguée avec “les nouvelles technologies”, et dézingue au passage la multiplication “des plates-formes, des bornes d’enregistrement”, à la place des guichetiers, des vrais gens. “On ne parle qu’à des machines, on ne peut même pas les engueuler donc ça c’est très triste”, glisse-t-elle, en s’amusant à son tour du ‘c’était mieux avant’.

“Penser autrement”. Écrit depuis environ un an, le spectacle a le mérite de coller à l’actu et à l’insurrection des “gilets jaunes“, qui décrivent un monde qui sera pire pour leurs enfants. “On voit qu’on est dans un espèce de goulet d’étranglement et qu’il faut changer les choses. C’est à cette jeunesse-là de les penser autrement. Comme le monde change, j’ai envie de dire ‘Vive demain’. Il faut qu’on soit des mutants et non pas des gens qui restent sur leur passé”, résume l’humoriste, positive. Et assure qu’à la sortie, le public ne se dit pas “Michèle Bernier c’était mieux avant.”