Le gilet jaune bouscule la Fashion Week

Depuis trois jours, ça n’arrête pas. Une valse des défilés, un vrai jeu de bonneteau alors que d’ordinaire le calendrier est plutôt réglé comme une partition: la fashion week parisienne qui s’ouvre ce lundi avec le prêt-à-porter masculin (la Haute couture lui succèdera la semaine prochaine) prend à l’évidence très au sérieux les Gilets jaunes. Vu l’équation luxe/argent/riches, ça se tient. Et que la journée de samedi 19, censément jour de l’acte X, concentre le stress est encore plus recevable.

Il y a plusieurs options. Remonter l’heure du défilé : ce sera le cas de la marque japonaise Sacaï, qui donne rendez-vous une heure plus tôt, à 9 heures. Loewe, Andrea Crews et Thom Browne qui devaient avoir lieu entre midi et 15 heures vont aussi modifier leurs horaires. Programmé pour 20 heures, Hermès n’a pour l’heure pas indiqué de changement. En revanche, Dior a carrément changé de jour, et s’intercale désormais vendredi en fin de journée. 

Le programme s’annonce en tout cas intéressant. Car la mode homme a ces dernières années clairement le vent en poupe, inventive, protéiforme, délestée de présupposés. En clair, elle fait son retard sur le vestiaire féminin. Parmi les prestations particulièrement attendues cette fois-ci, on citera le défilé JW Anderson, la marque du designer britannique Jonathan W Anderson qui œuvrera par ailleurs trois jours plus tard pour la maison espagnole Loewe dont il est le directeur artistique. L’entrée en piste de Kris Van Assche (ex-Dior) chez Berluti devrait aussi produire son petit effet. Moins tout de même que la première livraison de Hedi Slimane chez Celine, marque qui signe par là, spectaculairement, son arrivée dans le secteur de l’homme.

Sabrina Champenois