La femme de Carlos Ghosn dénonce dans une lettre les conditions de détention de son mari au Japon

L’épouse de Carlos Ghosn, le patron de Renault, a écrit une lettre à l’ONG Human Rights Watch qui défend les droits humains, pour témoigner des conditions draconiennes de détention de son mari au Japon depuis le 19 novembre 2018.

Dans sa lettre de neuf pages que l’AFP a pu consulter dimanche, Carole Ghosn raconte que la cellule de son mari, inculpé pour abus de confiance et minoration de déclarations de revenus aux autorités boursières sur huit années, est éclairée nuit et jour et qu’il n’a pas accès à son traitement médical. « Pendant des heures chaque jour, les inspecteurs l’interrogent, l’intimident, le sermonnent et l’admonestent, dans l’intention de lui extirper une confession », écrit-elle.

L’ex-patron de Nissan, 64 ans, est incarcéré au centre de détention de Kosuge, dans le nord du Japon, sans privilège particulier dans une cellule de 6,48 m². Selon Carole Ghosn, il aurait perdu 7 kg et ne mangerait que trois bols de riz et d’orge par jour.


Dans sa lettre, la femme de Carlos Ghosn affirme en outre que les enquêteurs ont mis la pression sur son mari pour qu’il signe des documents en japonais, une langue qu’il ne maîtrise pas, et dont seule une traduction orale lui a été faite, sans la présence de son avocat.

« J’exhorte Human Rights Watch à mettre son cas en lumière […], à pousser le gouvernement à réformer son système draconien de détention et d’interrogatoire », a-t-elle demandé.

L’avocat principal de Carlos Ghosn, Motonari Otsuru, a nié la semaine dernière que son client ait été contraint de signer des documents écrits en japonais. « Carlos Ghosn ne nous a pas dit une seule fois qu’il ait dû signer quoi que ce soit dans une langue qu’il ne comprend pas », avait-il dit à des journalistes.

Il avait aussi précisé que son client avait été transféré dans une cellule plus spacieuse, munie d’un lit à l’occidentale, et assuré que Carlos Ghosn ne s’était jamais plaint auprès de lui de ses conditions de détention.