Européennes : "Je ne veux pas de tambouille", dit l'écologiste Yannick Jadot après le renoncement de Ségolène Royal

Yannick Jadot a assumé, lundi 14 janvier sur France Inter, son refus d’une liste d’union de la gauche qu’il aurait menée avec Ségolène Royal aux prochaines élections européennes, en invoquant “la cohérence et la clarté” des engagements qu’il voulait porter. Un refus qui a pesé dans le choix fait vendredi par l’ancienne ministre de l’Ecologie de ne pas se présenter du tout à cette élection, faute d’avoir pu contribuer à rassembler la gauche modérée et les écologistes.

“Je ne veux pas de tambouille”, a dit Yannick Jadot, qui reproche aux élus de gauche et de droite de faire l’inverse au niveau européen de ce qu’ils disent au niveau national, notamment sur les questions écologiques. “La cohérence, c’est qu’on dise et qu’on fasse à Paris, ce qu’on dit et ce qu’on fait à Bruxelles, a dit Yannick Jadot. Je vois trop de responsables politiques qui défendent le climat à Paris, qui luttent contre le diesel à Paris, qui luttent contre les accords de libre-échange et la malbouffe à Paris, et qui, quand ils sont à Bruxelles et à Strasbourg, font l’inverse.”

Visant Ségolène Royal, Yannick Jadot a ajouté : “J’ai vu une ministre de l’Environnement dire à Paris qu’elle luttait contre le diesel, et aller défendre à Bruxelles le dépassement par les constructeurs automobiles des normes anti-pollution du diesel. Ce dépassement des normes, c’est 6 000 morts par an à l’échelle européenne. Je ne veux pas de tambouille, je veux de la clarté, je veux de la cohérence, je veux de la sincérité”.

Tous ces gens qui viennent aujourd’hui parler de l’union de la gauche, soit ils veulent sauver leur parti politique, soit ils veulent préparer 2022.

à franceinfo

“On ne peut pas à la fois constater l’affaissement de la démocratie, la défiance vis-à-vis de de l’Europe, et jouer de la confusion”, a dénoncé Yannick Jadot. “Il faut sauver l’Europe, mais on la sauvera avec de la cohérence et de la clarté”, a ajouté le député européen écologiste. “Je veux réunir tous les progressistes et tous les démocrates derrière une liste écologiste. Matteo Salvini [ministre de l’intérieur italien d’extrême droite], il n’est pas tombé du ciel ! Il a été élu, après Matteo Renzi, qui a joué, comme une partie de la gauche ou de la droite française, de cette confusion. Ces nationalistes sont arrivés au pouvoir parce qu’il n’y avait pas de politique sérieuse, cohérente, claire”.