Dernier baroud pour le bon Andy

Vous avez été nombreux à réagir à l’annonce de la retraite du tennisman britannique Andy Murray, avant le début des Internationaux d’Australie. Nombreux à réagir et, bien sûr, à déplorer la triste et abrupte conclusion de carrière d’un double champion de Wimbledon.

Oui, à seulement 31 ans, c’est un Murray en larmes qui a dû expliquer pourquoi il jetait l’éponge et pourquoi ce premier tournoi du Grand Chelem 2019 à Melbourne serait peut-être son dernier. Encore voudrait-il symboliquement se rendre à celui de Wimbledon, chez lui, et y livrer un dernier baroud d’honneur, mais rien n’est moins sûr.

Murray n’est tout simplement plus capable de joueur. Et surtout, il n’est plus capable de souffrir.

Pourtant, ai-je pensé (et plusieurs amateurs m’ont fait parvenir une opinion semblable), ne capitule-t-il pas trop vite?

Bien sûr, la souffrance et le manque de résultats sont certainement cruels pour un athlète qui a connu l’électricité des grands stades et la griserie de la victoire prestigieuse sur le gazon anglais de Wimbledon, sans oublier la position de numéro un mondial (pendant 41 semaines, 2016-2017).

Mais, à l’instar du résilient Argentin Juan Martin Del Potro, ne pourrait-il pas remonter au sommet après avoir roulé au bas de la montagne? Rappelons que Del Potro a surmonté des opérations aux deux poignets et il est passé de la 1042e position à la 38e, entre février et décembre 2016, pour ensuite atteindre le 3e échelon de l’ATP en août dernier. «DelPo» n’est-il pas l’inspiration parfaite?

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Crédit photo : AFP

Mis K.-O. par sa hanche

C’est ce que je croyais jusqu’à ce qu’un ami me transfère un intéressant article de blogue qui vulgarise fort bien, médicalement parlant, les dommages irréversibles subis par Murray à sa hanche. L’auteur se nomme Boris Bojanovic, un médecin pratiquant à Meyrin, près de Genève en Suisse.

Bojanovic y explique que :

«…Murray a été opéré en janvier 2018, et le chirurgien a certainement tenté de modifier un peu la structure osseuse et de réparer au mieux le labrum de la hanche. De la bouche d’Andy Murray: “cela n’a rien changé à mes douleurs”. Sans même parler de retour à la compétition, il explique que des gestes de la vie quotidienne sont douloureux, comme mettre ses chaussures, et qu’il aimerait bien pouvoir vivre normalement. Il a aussi consulté de nombreux thérapeutes, psychologues aussi, afin de tenter de gérer ses douleurs maintenant chroniques au mieux.»

Toujours dans son article, Bojanovic cite le chirurgien bernois, le Professeur Reinhold Ganz qui a décrit les premières présentations d’une atteinte à la hanche, survenant surtout chez les jeunes athlètes, atteinte qui a été nommée «conflit fémoral acétabulaire».

Pour plus de simplicité, je vous invite à aller consulter les éléments médicaux détaillés dans l’article.

Voilà qui nous éclaire un peu plus sur la fin abrupte de la carrière de l’Écossais, celui qui avait enfin soulagé ses compatriotes d’une disette longue de 76 années, lorsqu’il a donné à la Grande-Bretagne un premier titre à Wimbledon, soit depuis le sacre de Fred Perry en …1936.

La conclusion du texte, vous le verrez, est une belle réflexion sur l’importance de la santé, quand Roger Federer mentionne espérer une fin de carrière marquée par la santé et pas nécessairement par un ultime championnat.

D’ailleurs, à chaque début d’année, ne se souhaite-t-on pas tous de la SANTÉ, avant toute chose, lorsque vient le temps de se saluer?

Ceci explique cela. Encore une fois.