Brexit-May dans la dernière ligne droite pour convaincre les députés

LONDRES, 14 janvier (Reuters) – Theresa May va s’efforcer ce lundi de convaincre les parlementaires récalcitrants à la veille de leur vote sur l’accord de retrait qu’elle a négocié avec Bruxelles et leur rappeler que c’est le Brexit dans son ensemble qui se trouverait menacé s’il n’était pas adopté.

A deux mois et demi de la date prévue de la sortie britannique de l’Union européenne, ses chances de succès apparaissent toutefois bien minces.

La Première ministre doit à la fois convaincre les conservateurs les plus hostiles à l’Union européenne, qui déplorent le maintien de la proximité entre le royaume et le bloc, des travaillistes qui ne semblent pas disposés à lui faire le moindre cadeau et les partisans du maintien qui plaident de plus en plus vivement en faveur d’un arrêt pur et simple de la procédure de retrait.

Cette dernière option a systématiquement été rejetée par la dirigeante qui considérait dimanche qu’elle mettrait en péril la confiance dans la démocratie.

Lundi, c’est à Stoke-on-Trent, dans le centre de l’Angleterre, qu’elle va une nouvelle fois en appeler à la responsabilité des parlementaires et les prévenir qu’un rejet du texte qui leur est soumis aboutirait probablement à une sortie sans accord avec les conséquences et les incertitudes d’une telle issue.

“Certains à Westminster voudraient repousser voire même arrêter le Brexit et ils utiliseront tous les moyens pour y parvenir”, va-t-elle déclarer, selon des extraits du discours rendus publics par ses services.

Elle devrait aussi s’adresser au Parlement à 15h30 GMT avant de laisser les députés poursuivre leurs débats sur le Brexit, rapporte lundi Sky News.

Selon la chaîne d’information, la déclaration de la dirigeante britannique sera surtout consacrée aux nouvelles garanties de l’UE sur la clause de sauvegarde irlandaise, un dispositif qui doit permettre d’éviter le rétablissement d’une frontière physique entre la République d’Irlande et l’Irlande du Nord mais qui provoque l’hostilité des unionistes du DUP dont May a besoin au Parlement.

La chaîne de télévision irlandaise RTE rapporte de son côté que les autorités européennes s’apprêtent à publier un document censé rassurer les parlementaires britanniques récalcitrants.

Dans cette lettre, Bruxelles devrait, selon les informations de la RTE, énoncer que la clause de sauvegarde n’est pas sa solution préférée, qu’elle ne fragilise pas l’Accord du Vendredi Saint et qu’elle n’est en aucun cas un moyen pour l’Union “d’annexer” l’Irlande du Nord.

Le document précise toutefois qu’il n’est pas envisageable de renégocier cette clause. (Kylie MacLellan, Michael Holden Nicolas Delame pour le service français, édité par Marc Joanny)