National 2 – National 3 : une étonnante locomotive et des déceptions

À la mi-saison, le salut du football provençal est donc venu de ses trouble-fêtes. Rarement notre région aura connu une telle densité de porte-drapeaux au sein d’un même championnat fédéral. Lorsque les constitutions des poules de National 2 et 3 ont été communiquées, durant la trêve, tous salivaient à l’idée d’assister à de sulfureux derbies ayant à la clef une place sur le podium ou un billet synonyme de promotion.

Quelques mois plus tard, nous sommes loin du compte. Alors que l’on attendait l’Athlético voire le promu istréen capter toutes les attentions, ce sont leurs voisins, arrivés sur la pointe des pieds, qui trustent les premiers rôles. Parmi eux, on retrouve évidemment l’US Endoume, surprenant “Petit Poucet”, Côte Bleue et un Aubagne FC dont le projet est en pleine transition.

Endoume, surprise du chef

Il y a deux ans à peine, Endoume végétait dans le ventre mou de l’ancienne DH (R1). Aujourd’hui, le club marseillais est dans le peloton de tête du National 2. Une progression fulgurante, accompagnée de prestations le plus souvent convaincantes dans le jeu. Les résultats sont presque millimétrés : face aux équipes du Top 8, les hommes de Grégory Poirier ont réalisé cinq nuls encourageants et concédé deux défaites. Contre les clubs de la seconde partie du classement, Endoume l’emporte quasi-systématiquement (six victoires et un score de parité). Et avec un match de retard à disputer, les équipiers de Yasser Baldé pourraient se rapprocher encore plus de la première place, synonyme de montée en National 1. Pas mal pour un promu.

L’athlético marseille, loin du compte

Que semble loin cette fin d’été ensoleillée sur le stade de La Martine. Tout fraîchement renommé Athlético Marseille, feu-Consolat étrennait alors ses nouvelles couleurs pour la première fois, devant ses supporters, à l’occasion d’un attendu derby contre Endoume. Rarement, ces derniers mois, l’enceinte du XVe arrondissement n’avait paru aussi chaleureuse et enthousiaste. Nicolas Usaï de retour sur le banc du club des quartiers Nord, une pléiade de recrues au pedigree alléchant, les promesses d’un nouveau stade flambant neuf et l’étonnante présence de Cyril Hanouna pour donner le coup d’envoi fictif. Il faut dire que la mariée était parfaitement drapée.

Néanmoins le triste spectacle qui a suivi, sur le terrain, était annonciateur de réelles difficultés pour les suiveurs de l’Athlético. Loin de ses ambitions d’accession, les partenaires de Salimou Mramboini naviguent en plein doute. Début octobre, le départ précipité d’Usaï vers Châteauroux marquait un changement de cap de la direction provençale. En faisant appel au duo Galli-Camizuli, elle a voulu retrouver son identité marseillaise et un peu plus de caractère. Les effets se font toujours attendre… Une maigre victoire à domicile, cinq au total pour (déjà) sept revers ! L’Athlético est trop loin du compte.

Martigues à la relance en 2019

Presque reparti de zéro suite aux frasques de l’ancienne direction, le club de la Venise provençale s’attendait à souffrir cette saison en ayant sauvé sa peau in extremis devant la DNCG en juillet dernier. La 12e place à l’issue de la phase aller confirme que le FCM devra cravacher pour décrocher son maintien sur le plan sportif. Administratif aussi avec un passif toujours à éponger qui a d’ailleurs contraint la DNCG, en novembre dernier, à prononcer le retrait d’un point au classement à l’encontre du club martégal. À tous les niveaux le FCM sera à la relance en 2019 après une année 2018 à vite oublier.

La réserve de l’OM, le péché de jeunesse

Le bilan purement factuel de la première partie de saison de l’équipe réserve de l’OM est pour le moins inquiétant : derniers du classement, les Olympiens n’ont gagné que 3 de leurs 14 rencontres de championnat. Si l’on y ajoute 2 pauvres matches nuls, on obtient 9 défaites. C’est trop, beaucoup trop. Forcément. Mais les protégés de David Le Frapper, qui n’ont pas été épargnés par les blessures, ont également montré de belles choses, comme notamment face au FC Martigues (3-2) quelques jours avant la trêve hivernale. Problème, ils n’ont pas (encore ?) réussi à enchaîner et ont été trop irréguliers, parfois durant une même rencontre, pour s’extirper de la zone rouge.

D’ici à la fin de la saison, les coéquipiers d’Alexandre Phliponeau, dont certains découvrent le National 2, devront prouver qu’ils ont progressé. Le maintien ne sera pas aisé, mais l’OM se doit de faire mieux. C’est une question d’image.

N3 : Côte Bleue et Aubagne en outsiders

FC Côte Bleue : un promu aux premières loges

Le club de la Côte Bleue a terminé l’année en brillant dauphin du Sporting Club de Bastia alors qu’il compte un match en retard, à disputer justement chez le leader bastiais le 19 janvier prochain. Le FCCB, de surcroît, est toujours invaincu à l’extérieur. Mais pour l’expérimenté capitaine, Anthony Abou Deraa “en étant honnête, nous ne sommes pas vraiment surpris par ce classement, compte tenu de la qualité de notre effectif. Mais nous devrons nous montrer vigilants, notamment à domicile, car nous allons être de plus en plus attendus”. 

L’irrégularité de Saint-Rémy

Les Saint-Rémois avaient bien débuté la saison, avec leur nouvel entraîneur Frédéric Cravero. Invaincus avant la 7e journée, ils occupaient alors la tête du classement. Puis une défaite à Bastia, suivie d’un autre revers à domicile face à Côte Bleue, ont eu raison des ambitions de Cravero. Ce dernier a en effet laissé les clés du camion à son adjoint El Hasnouni pendant 2 mois. Saint-Rémy a alors glissé jusqu’à la 6e place. Le rebond viendra peut-être l’ancien technicien d’Aubagne, Djamel Dahmani, qui vient de prendre place sur le banc provençal avec la mission de redresser la barre.

La déception Istréenne

Mi-figue mi-raisin voici comment où pourrait qualifier la première partie de la saison du Istres<ET>FC. Auteurs d’un début de saison de très bonne facture sur le plan comptable avec 3 victoires de rang pour débuter le championnat, les Istréens se sont ensuite peu à peu effondrés pour ne pointer qu’en neuvième position. Une déception pour le coach istréen qui espérait plus de son groupe en début de saison, mais qui garde de l’ambition pour cette deuxième partie de championnat. “Il a fallu réduire le groupe, le renforcer, aujourd’hui je pense qu’on est beaucoup plus armé”, explique Franck Priou.

Gémenos nage entre deux eaux

“Correcte”. Voici comme définir la première partie de saison de l’AS Gémenos. Et pour preuve, le club du président Christian Agostini occupe la 8e place du classement, avec un bilan de quatre victoires, quatre résultats nuls et quatre défaites en douze rencontres de National<ET>3. Concrètement, l’ASG navigue entre deux eaux. Aujourd’hui, la rencontre face au Pontet sera à double tranchant : si un résultat positif permettrait aux Gémenosiens de se rapprocher des équipes du haut de tableau, un résultat négatif, en revanche, les laisserait dans le ventre mou du championnat.
La crainte de vivre une fin d’exercice crispante, en vue du maintien, ne tarderait alors pas à poindre. Même si Le Pontet et Le Cannet paraissent déjà bien mal en point.

L’Aubagne FC maître en sa demeure

Un podium pour Noël, c’est le cadeau que se sont fait les Aubagnais avant la trêve. Impérial à domicile, c’est pourtant à l’automne, à l’issue d’un revers face au FC Côte Bleue, avec lequel il est désormais au coude à coude pour la seconde place, que l’AFC a réellement changé de braquet. Capables de mettre en échec sur sa pelouse le leader bastiais mais aussi de chuter à Lucciana, les hommes d’Éric Rech et Régis Gandolfo vont, néanmoins, devoir gagner en régularité à l’extérieur pour continuer à jouer les trublions du haut de tableau.