Nantes. Sala, le patient nantais

Nantes peut compter sur l’efficacité de son avant-centre argentin Emiliano Sala, qui a déjà inscrit douze buts cette saison sous le maillot jaune.
Nantes peut compter sur l’efficacité de son avant-centre argentin Emiliano Sala, qui a déjà inscrit douze buts cette saison sous le maillot jaune. (Photo AFP)

Avec douze buts en dix-sept matchs de L1 cette saison, Emiliano Sala (28 ans) est dans la forme de sa vie. A deux longueurs seulement de Kylian M’Bappé qui mène la danse au classement des meilleurs réalisateurs de l’élite. Un rendement qui interpelle et attise les convoitises en cette période de mercato.

Sa maturation s’est faite lentement et par palier. Mais cet attaquant fruste techniquement est un très gros bosseur, humble, qui ne déçoit quasiment jamais : 3e réalisateur du Championnat National avec Orléans (19 buts en 2012-2013), puis 18 avec Niort en L2 la saison suivante. De retour à Bordeaux, Sala ne s’impose pas mais profite d’un prêt à Caen pour se relancer (5 buts en 13 matchs de L1, de février à mai 2015). Depuis deux ans et demi, l’Italo-Argentin a franchi un cap avec Nantes. Deux exercices consécutifs à 12 buts chacun, avant l’explosion inattendue cette saison.

« J’aime beaucoup de choses chez lui, avoue son entraîneur Vahid Halilhodzic, c’est un garçon adorable dans la vie et un guerrier sur le terrain ». La complicité entre l’ancien goleador des Canaris (98 buts en L1 entre 81 et 86) et Sala, a sans doute contribué à le faire progresser à ce poste exigeant et spécifique.


Courtisé, pas pressé de partir


Michel Der Zakarian, son ancien coach au FCN en 2015/2016, observe « qu’il est plus juste techniquement, dans ses prises de balles ou ses frappes ». Constat partagé par son capitaine Valentin Rongier : « Auparavant, une remise sur deux n’arrivait pas, désormais il en réussit quatre sur cinq ». Nicolas Pallois, ami et coéquipier de longue date, le trouve « plus complet en étant capable de garder le ballon pour faire remonter le bloc ».

Le succès actuel de Sala ne lui monte pas à la tête. « Il ne se relâche jamais, et malgré sa réussite personnelle, il fait toujours et encore plus d’efforts pour l’équipe », précise Rongier. Question d’éducation. Issu d’un milieu modeste et rural en Argentine, Sala n’a vraiment rien d’un Neymar. Ce qui le rend attachant : « Tout le monde l’apprécie dans le vestiaire » ajoute Pallois. Et si le Sud-Américain refuse actuellement les nombreuses demandes d’interviews, ce n’est pas par caprice, mais bien parce que l’homme aime la tranquillité et la discrétion.

Sa moindre efficacité du moment (1 but sur ses six derniers matchs, contre 1 toutes les 106 minutes auparavant), n’empêche pas les recruteurs de poursuivre leur cour. Avec une offre de vingt-deux millions d’euros, l’actuel 17e de Premier League, Cardiff City, fait le forcing pour l’attirer dès cet hiver. Une proposition alléchante pour le joueur et le FC Nantes, qui aimerait le vendre. Mais sous contrat jusqu’en juin 2020, Sala attend son heure, et n’exclut pas de rester sur les bords de l’Erdre jusqu’à cet été.