Marni et ses enfants terribles

Malgré le décor sinistre – un cube sombre au centre duquel s’empile le public cerné par des murs en béton couverts de baffles -, le défilé Marni pour l’automne-hiver 2019/20 s’annonçait sous les meilleurs auspices samedi à Milan. Les douces notes du « Prélude à l’après-midi d’un faune » accompagnant les premiers mannequins vêtus de costumes amples et manteaux confortables en laine bouclée…

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Marni – Fall-Winter2019 – Menswear – Milan – © PixelFormula

Mais très vite quelque chose semble se dérégler, Debussy laissant place au rythme syncopé d’une musique électrique. Mal réveillés, les garçons s’avancent désormais comme s’ils dormaient debout, pâles et lunatiques, le bonnet de nuit à pompon vissé sur la tête, comme vêtus de pyjamas en soie ou dans des tricots et caleçons moelleux et douillets.
 
La plupart du temps, ils flottent dans des vêtements trop grands pour eux, les mains disparaissant sous les manches à rallonge de leur pull-over en mohair, une écharpe maxi autour du cou traînant jusqu’au sol. Les chemises se portent par deux, boutonnées comme par mégarde l’une avec l’autre. Epaisseurs de doudounes superposées, pantalons accordéons, chandails enveloppant passés par-dessus la chemise… Les vêtements semblent difficiles à contenir, débordant de tous les côtés.
 

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L’allure désinvolte et enfantine de Marni – DR

Un zeste de folie s’empare de l’ensemble avec des motifs animaliers s’incrustant un peu partout, dans les chemises en soie imprimée, les pantalons, des vestes et manteaux guépard aux tons orangers et même dans un pull-over à losanges. Mais ce côté animal garde un côté enfantin, à l’instar de cette fausse fourrure de zèbre bleu ou rouge utilisée pour des moufles géantes et de longues écharpes.

Et le styliste Francesco Risso de définir lui-même ses créatures un brin débraillées : « les enfants terribles du Paradis ».
 

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