L'Italie se réjouit de l'arrestation de Cesare Battisti, et l'attend désormais

L’ancien militant d’extrême gauche a été arrêté en Bolivie dans la nuit, après moins de deux mois de cavale et des années de processus judiciaire. L’Italie a annoncé avoir déjà envoyé un avion pour le récupérer.

Une photo de Battisti diffusée par la police bolivienne.
Une photo de Battisti diffusée par la police bolivienne. HO/AFP

En cavale depuis moins de deux mois, l’ex-militant d’extrême gauche italien Cesare Battisti a finalement été capturé en Bolivie dans la nuit du samedi 12 au dimanche 13 janvier. Accusé de quatre homicides et complicités de meurtres durant ses années au sein des Prolétaires armés pour le communisme, il est condamné à la perpétuité. Son extradition avait été signée en décembre, après des années de processus judiciaire.

Un avion, avec à son bord des membres de la police et des services secrets italiens, était en route dimanche midi pour la Bolivie, a précisé Rome. Le ministre de l’Intérieur, Matteo Salvini, a déclaré sur une chaîne de télévision que «des moyens et des hommes [étaient] déjà partis». Selon des sources du ministère des Affaires étrangères, «il faudra désormais comprendre si Battisti fera une étape au Brésil ou s’il sera amené immédiatement en Italie. C’est un problème qui sera tranché dans les prochaines heures.»

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«Battisti est détenu! La démocratie est plus forte que le terrorisme», a réagi sur Twitter Antonio Bernardini, ambassadeur d’Italie au Brésil, après l’annonce de l’arrestation de Battisti. Le fils du nouveau président brésilien, le député Eduardo Bolsonaro, a quant à lui écrit sur le même réseau social, en italien avec une photo de Battisti: «Le Brésil n’est plus une terre de bandits. Matteo Salvini, le “petit cadeau” va arriver.»

Salvini a remercié dans un communiqué les forces de l’ordre italienne et étrangères qui ont conduit à l’arrestation «d’un délinquant qui ne mérite pas une vie confortable à la plage, mais mérite de finir ses jours en prison». «Ma première pensée va aujourd’hui aux proches des victimes de cet assassin, qui a profité trop longtemps d’une vie qu’il a lâchement prise à d’autres, chouchouté par les gauches de la moitié de la planète. Le pique-nique est fini», a dit le leader populiste.

Ancien militant d’un groupe d’extrême gauche classé comme terroriste par la justice italienne, les Prolétaires armés pour le communisme (PAC), Battisti affirme être innocent de ces meurtres et a vécu exilé au Brésil depuis 2004, après avoir passé près de 15 ans en France. Au terme d’un séjour en prison et d’un long processus judiciaire pour l’extrader, le président de gauche Luiz Inacio Lula da Silva (2003-2011) avait décidé en 2010 de ne pas livrer le fugitif à l’Italie.

«Battisti n’était pas armé et n’a pas opposé de résistance. Il a répondu à la police en portugais et montré un document brésilien qui confirmait son identité. Désormais, l’Italie l’attend»

C’est finalement l’ex-président brésilien, Michel Temer, qui a signé mi-décembre l’acte d’extradition réclamé depuis des années par l’Italie, où il a été condamné par contumace en 1993 à la prison à perpétuité pour quatre homicides et complicité de meurtres dans les années 1970.

Mi-décembre, les médias italiens avaient rapporté qu’un avion italien était à Sao Paolo pour extrader Battisti au plus vite après la décision de la Cour suprême brésilienne d’ordonner son arrestation. Mais il était alors introuvable.

Cesare Battisti avait ensuite été repéré «avec certitude» en Bolivie, à Santa Cruz, la semaine dernière, et une opération avait été préparée avec les autorités locales, a appris l’AFP auprès du gouvernement italien. «Battisti a été arrêté dans la rue, il n’était pas armé et n’a pas opposé de résistance. Il a répondu à la police en portugais et montré un document brésilien qui confirmait son identité. Désormais l’Italie l’attend», notent des sources du ministère italien. Selon le quotidien italien Corriere della sera, le fugitif de 64 ans a été repéré dans la rue samedi en fin d’après-midi par une équipe spéciale d’Interpol. Cesare Battisti portait une fausse barbe et une fausse moustache.