Le Vélodrome en colère

Alerte sismique à Marseille, ce dimanche, où le stade Vélodrome a promis, face à Monaco, en Ligue 1 de faire sentir sa colère face aux mauvais résultats.

E n deux ans vous allez tout connaître: vous allez passer d’une liesse populaire à une révolte du peuple marseillais, promet le groupe Marseille Trop Puissant. Les Dodgers dénoncent eux des « pseudos joueurs », un « entraîneur désemparé », une « direction inerte » et appellent leurs membres « et tous les amoureux de l’OM à venir manifester leur mécontentement dimanche ».

Distant de cinq points, le podium reste envisageable pour les Phocéens, surtout avec deux matchs en retard. Mais l’OM doit réapprendre à gagner, après sept matchs sans victoire.

Les fumigènes
indésirables

Au bout de cette série, la folie de la saison dernière, jusqu’en finale de Ligue Europa, a laissé la place à la fureur, attisée par l’humiliante élimination en 32 de finale de la Coupe de France contre une équipe de National 2, Andrézieux (2-0).
Mercredi, les murs du centre d’entraînement de la Commanderie ont été tagués de « Garcia dégage », et la journée s’est finie sous la protection de la police, grilles fermées, face à une trentaine de supporteurs cagoulés.
Interrogé sur ses sentiments face à cette défiance, le technicien a répondu que certes, il préférait les louanges de la saison passée, mais qu’il ne voulait « pas être pollué par cet environnement négatif ».
Il ne s’est pas étendu sur cet incident. Ses épaules et ses oreilles devraient subir une terrible pression, dimanche. D’autres groupes de supporteurs ont annoncé la couleur et promis le bruit, à commencer par les South Winners, le plus puissant d’entre eux avec ses 7.200 membres. « Un avis de tempête s’annonce dans les travées du stade. Un typhon arrive », est-il écrit dans leur communiqué, se concluant par ces mots: « Garcia démission! L’OM c’est nous! » Il est aussi reproché à Jacques-Henri Eyraud, le président de l’OM sa politique de sanctions vis-à-vis des supporteurs. S’il est parvenu à écarter cet été les Yankees Nord de la convention (indispensable pour vendre les abonnements) entre le club et les groupes, sans susciter de réaction corporatiste des autres associations, Eyraud se heurte cette fois à la fronde du stade. La pierre d’achoppement reste les « craquages » de fumigènes, indispensables aux yeux des supporteurs ultras, rigoureusement interdits par la Ligue des football professionnel (LFP) ce qui a coûté environ un million d’euros d’amende au total la saison dernière. La direction a elle-même décidé plusieurs fois de fermer des tribunes pour abus de fumigènes, et elle a fini par appliquer un règlement qu’elle avait annoncé cet été aux associations: qui craque paye.
Personne en revanche ne devrait manquer à l’appel de dimanche. Le volcan du Vélodrome, terriblement séduisant mais dangereux, mis en avant par la nouvelle direction comme un des bijoux de la couronne, est prêt à entrer en éruption.

Marseille – Monaco,
à 21h sur Canal+.