Débat national : «Il y a une grande défiance pour tout ce qui vient d'en haut»

Débat national : «Il y a une grande défiance pour tout ce qui vient d'en haut»
Des «gilets jaunes» manifestent à Nantes, samedi. LOIC VENANCE/AFP

INTERVIEW – Pour Jérôme Fourquet, directeur du département opinion de l’Ifop, les interconnexions entre les classes sociales n’existent plus.

LE FIGARO. – Lors de ce neuvième samedi de mobilisation, le mouvement des «gilets jaunes» a repris de la vigueur. Est-ce pour vous une surprise?

Jérôme FOURQUET. – Après la faible mobilisation lors de la trêve des confiseurs, certains prédisaient la fin du mouvement. Ils se sont trompés. Il y a eu un rebond dès le premier week-end de janvier. Si le soutien des Français a reculé, il reste majoritaire. Le degré de détermination du noyau dur des «gilets jaunes» reste quant à lui constant. Ces manifestants sont déterminés à engager une lutte sur la durée.

«Emmanuel Macron sait qu’il ne peut pas retourner l’opinion en sa faveur à brève échéance et qu’il est trop impopulaire chez les “gilets jaunes” pour les convaincre»

Selon vous, les «gilets jaunes» révèlent une société «en millefeuille». Qu’entendez-vous par cette image?

Jusqu’alors, la société s’organisait autour d’un affrontement entre la droite et la gauche. Dans ces deux silos se côtoyaient différentes classes sociales. À gauche, on avait des ouvriers communistes mais aussi des enseignants, des intellectuels. De la même façon qu’à droite se retrouvaient des commerçants, des …

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